‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 186 sur 289 · DL. L · texte numérisé non relu

DL. L

Ministre des finances du Canada, 1888-96

fait s’il se fut agi d'un document semblable présenté au parlement par la reine avec l'approbation de ses ministres. L’irresponsabilité du président, en pareille matière, et le jeu intérieur de la politique et de la diplomatie américaines, n'étaient pas aussi clairement compris qu'ils le sont aujourd'hui.

Parmi les autres questions en litige, outre les pêcheries de l'Atlantique se trouvaient les frontières de l'Alaska, et le droit de propriété sur l’île de San Juan en vertu des termes du traité de l'Orégon. Il suffira de dire que la première de ces questions a été étudiée dans le nouveau traité d'une facon si indéfinie qu’on n’en a pas disposé, et que la dernière question a été mise entre les mains de l'empereur allemand Guillaume I, comme arbitre, qui en a disposé très efficacement en décembre 1872, en donnant l’île aux Etats-Unis. En vertu du traité de l’'Orégon, en 1846, les Etats-Unis avaient reçu la splendide région du détroit de Puget, et les Etats actuels de l'Orégon et de Washington. La ligne frontière devait suivre le 4gieme parallèle” jusqu’au milieu du chenal qui sépare le continent de l’île de Vancouver et de là vers le sud, à travers le milieu du dit chenal et du détroit de Fuca jusqu’à l'Océan Pacifique.” Le différend de la période suivante, qui eut pour résultat l'occupation militaire conjointe de l’île de San Juan, et amena plus d’une fois l'empire et la république à deux doigts de la guerre, provenait du fait qu'il y avait non pas un, mais trois chenaux, et que de la question de savoir quel chenal devait être choisi comme ligne de division, dépendait le droit de propriété à cette île, qui gardait la frontière du territoire américain dans ces eaux, et faisait face à Victoria, la capitale provinciale britannique. La Grande-Bretagne réclamait le plus méridional de ces chenaux, mais consentait à accepter celui du milieu comme compromis juste et raisonnable. Pour quelques raisons inexplicables, mieux connus de lui-même, l'arbitre impérial accepta la réclamation américaine.

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Mais nous avons devancé de: beaucoup les commissaires qui bataillaient et discutaient sur les termes du traité projeté au printemps de 1871 dans les salles particulières et politiques de Washington. Le gouvernement et les commissaires américains désiraient une foule de choses. Ils voulaient que San Juan leur fut cédé, les incursions féniennes devant être éliminées de toute considération, la frontière de l'Alaska devant être ajustée à leur satisfaction, les pêcheries de l’Atlantique devant leur être ouvertes pour toujours moyennant quelque considération très légère, le Saintaurent et ses canaux devaient être rendus libres pour toujours. Naturellement tout cela devait être en outre de leurs énormes réclamations contre la Grand-Bretagne pour compensations concernant l'Alabama. En retour, ils consentaient à accorder la paix et peutêtre l'admission du poisson en franchise, et la navigation libre du lac Michigan. Ce que le Canada obtint enfin en vertu du traité, de même que la limitation de ses sacrifices inévitables, peut être vu dans les termes du traité, et cela justifie suffisament l'attitude prise par sir John Macdonald, tout en démontrant combien grande était réellement la différence entre ce que les américains espéraient, et ce qu'ils ont eu.

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