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LES CONDITIONS DU TRAITE

Le traité de Washington fut signé le 8 mai 1871. Aux termes de ce document les réclamations de l’Æ/abama furent soumises à un tribunal d'abitrage qui se réunit à Genë ze, l’année suivante, et dont sir Alexander Cceckburn, le vigoureux et agressif lord juge en chef de l'Angleterre, fut l’un des membres éminents. Par sa décision, contre laquelle le juge en chef Cockburn protesta vigoureusement, la somme de $15,500,000 fut accordée aux Etats-Unis pour dommagesintérêts et fut promptement payée par la Grande-Bretagne. Bon nombre de gens crurent dans le temps que le montant était trop élevé, et cequi sembie leur donner raison, c'est qu'on ne réussit jamais à trouver

des réclamants pour une partie de cette somme. La question des

pêcheries fut réglée pour le moment par une convention de 12 ans, en vertu de laquelle le poisson et l’huile de poisson devaient être admis en franchise entre le Dominion et les Etats-Unis tandis que chacun devait partager librement les pêcheries de l’autre. Les pêcheries de l'Atlantique des Etats-Unis étant relativement sans valeur et d'aucune utilité pour les pêcheurs canadiens, tandis que celles du Canada étaient riches dans la plus forte acception du mot, il fut décidé—après une longue discussion au cours de laquelle les commissaires américains firent naturellement tout ce qu'ils purent pour déprécier la valeur de ce qu’ils s’efforçaient d’obtenir—qu’une somme ronde serait payée au Canada, et que le montant en serait fixé par une autre commission spéciale. Il convient d'ajouter ici que cette commission se réunit à Halifax le 15 juin 1877, après des délais prolongés de la part des Etats-Unis. Le commissaire canadien et britannique était sir Alexander Tilloch Gailt ; finalement on accorda $5,500,000 à Terreneuve et au Canada comme valeur des privilèges de pêche concédés aux Etats-Unis en 1871, en sus des articles de réciprocité cités plus haut, et faisant partie du traité. Le paiement fut effectué plus tard après une vigoureuse protestation de la part du Congrès et du gouvernement des Etats-Unis.

En vertu du traité de Washington, les Américains furent admis à la navigation du fleuve Saint-Laurent et à l'usage du réseau de canaux du Canada sur un pied d'égalité avec les sujets britanniques et aux mêmes conditions que ces derniers en matière de péage ou de droits, prélevés par le gouvernement fédéral. On leur alloua aussi le privilège de flotter du bois de construction à partir des forêts du Maine en descendant la rivière Saint-Jean jusqu’à la mer, une question très importante à cette époque. Le traité contenait des dispositions pour le passage en franchise des marchandises en entrepôt à travers les territoires de l’un ou de l’autre pays. Ceci était un arrangement en vertu duquel les marchandises d’une partie de la république pouvaient passer sur le territoire canadien jusqu'à une autre partie des Etats-Unis

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