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sans payer de droits aux autorités canadiennes, et en vertu duquel les produits canadiens jouissaient du même privilège en traversant les territoires des Etats-Unis, soit par terre, soit par eau. Cette convention fut très utile et très avantageuse aux deux pays en géneral, et à leur commerce de transport en particulier. La navigation du lac Michigan fut aussi rendue libre pour 12 ans, mais comme le Saint- Laurent a été ouvert pour toujours, on n’a jamais prétendu sérieusement que cet article put être autre chose que virtuellement permanent dans ses effets. Un item très important du traité, et qui fait honneur à sir John Macdonald fut la reconnaissance du droit du Canada, en vertu de la convention anglo-russe de 1825, de participer à la navigation libre des rivières Yukon, Porc Epic, et Stikine, dans l’Aïaska. Si l’on eut pu prévoir l'avenir, il est* à craindre que la lutte au sujet de cet article eut été beaucoup plus vive qu'elle ne l’a été. Le canal Sainte-Claire, et les terres basses entre les lacs Huron et Erié furent aussi ouverts aux deux nations.
Tel fut en peu de mots, le traité de Washington. Né de la crainte de la guerre et de disputes amères et continuelles ; discuté lorsqu'il y avait aux Etats-Unis un million de soldats prêts pour n'importe quels service ou aventures, et au milieu des clameurs d’un élément fénien mécontent et surexcité dans le même pays ; arrangé par des commissaires britanniques qui étaient responsables à un gouvernement dépourvu de nerf et à un corps électoral encore contrôlé par l'école anti-coloniale, il était en somme meilleur que le Canada n'avait pu l’espérer. On n'avait rien cédé qui fut d’une sérieuse importance, ni sacrifié aucun droit national ou territorial. Il est vrai que San Juan était perdu, mais, comme il est apparent que ni l'Angleterre nile Canada ne peuvent s'attendre à rien gagner dans un arbitrage étranger,
on devait s'attendre à cela. Dans tous les cas, c'était moins mauvais
*Le Dominion reçut $4,490,882 sur ce montant—non pas toute la somme, comme on le dit ordinairement. Terreneuve le reste,
+ dr. ES à
que l'arbitrage de la guerre. On obtint près de #5,000,000 en argent pour l'usage des pêcheries, et, bien que les articles traitant de cette partie du sujet furent abrogés par les Etats-Unis en 1885, le recouvrement viriuel des pêcheries canadiennes pour les pêcheurs canadiens offrit à cela une certaine compensation.
Pour sir John Macdonald, les négociations avaient été un cauchemar diplomatique. Il s'attendait à combattre vigoureusement les commissaires américains, et à trouver en eux les adversaires les plus rusés et les plus perspicaes. Ils étaient sur leur propre terrain, avec un président et un sénat prêts à soutenir une politique forte et agressive, et ils combattaient pour une augmentation d'influence et de pouvoir pour leur peuple sur le continent américain. Mais d’avoir à lutter contre ses propres collègues britanniques, de même que contre les commissaires américains, c'était pour sir John une cause d'irritation constante et un lourd fardeau sur son cœur.‘ Dans nos caucus séparés,” écrivait-il en une certaine occasion au Dr. Tupper, ‘mes collègues insistaient continuellement pour me faire céder.” Ils appuyaient même la demande des Américains pour la cession permanente des pêcheries. Il décrit ses discussions avec eux comme étant ‘chaudes ” ou ‘ désagréables ” et il ajoute qu'il avait été obligé de dire à lord de Grey, ‘ Je crois que je connais mon devoir et que j'essaierai de le remplir.” Il dut leur dire franchement une autre fois* que “c'était intolérable que ces pêcheurs de la Nouvelle- Angleterre pussent dire qu'ils étaient résolus à pêcher dans nos eaux, qu'ils en eussent le dioit ou non, et que si la chose ne leur était pas permise, ils forceraient les deux nations à se battre entre elles ; et que nous devions sacrifier nos propriétés à cause de ces menaces.”
Plusieurs fois, ses protestations furent envoyées en Angleterre où elles firent du bien plus tard : plusieurs fois, il fut sur le point de résigner. L'une de ces occasions survint lorsqu'un cablegramme de
Londres autorisa le renvoi à un arbitrage, de la question relative à
“Lettre à sir George Cartier, 17 avril, 87? Pope’s Memoirs.
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