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BATAILLE DE CUT KNIFE

POLITIQUE NATIONALE DE LA PROTECTION 46s

Etats-Unis avaient leur entrée libre en Canada, tandis que les produits analogues du Canada étaient frappés d'un droit élevé aux Etats-Unis-—depuis le blé à 20 cents, le boisseau jusqu'aux rails d’acier à $25 par tonne. Les produits indigènes du Canada étaient continuellement poussés au pied du mur tandis que la population appauvrie n'avait plus les moyens d'importer de marchandises anglaises, la valeur brute des importations de celles-ci étant tombée de $68,000,000 en 1873, à $37,000,000 en 1878. Il en était de même des intérêts agricoles. En 1878, le Dominion importa réellement des Etats-Unis pour #$17,909,000 valant de farine, grains, animaux et autres produits agricoles en concurrence avec nos produits indigènes.

Le cri de bataille des conservateurs devint ‘le Canada pour les Canadiens” et il n’est pas étonnant que cela ait attiré à sir John l'appui des hommes les plus intelligents. Les journalistes trouvaient un élément de discussion dans les larges questions de la protection, plus facilement que dans les mesquines questions locales du passé et des esprits perspicaces tels que John Maclean—qui depuis longtemps préconisait ce programme—R. W. Phipps, Thomas White, C. H. Mackintosh et Nicholas Flood Davin se prononçaient avec enthousiasme en faveur d’un système plus nouveau et plus national. Même Goldwin Smith, le publiciste incisif, fut pris d’une ambition politique temporaire, et l'on dit qu’en 1878, il chercha à se faire choisir comme candidat conservateur; il est certain qu'il était en faveur de la Politique Nationale. Charles Carroll Colby, plus tard ministre de la Couronne, écrivit une forte brochure en sa faveur. M. D. L. McPherson apporta à la discussion plusieurs écrits du même genre. Le docteur Tupper, avec toute la force de son éloquence entrainante, se joignit à sir John sur des milliers de tréteaux pour défendre cette cause; en juillet 1878, M.S. L. Tilley abandorna le siège gubernatorial du Nouveau-Brunswick et son éloquence facile et persuasive jointe à l’aménité de ses manières contribua beaucor:n à faire triompher l'opposition.

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Le gouvernement avait eu comme renfort la faculté d'argumentation logique de David Mills ec l'éloquence aimable et convaincante de Wilfrid Laurier. M. Mackenzie était revenu d’Ecosse emportant un regain de force et de réputation, après avoir été l'objet d’une splendide réception dans son endroit natal, où il avait prononcé des discours remplis de bon sens et de patriotisme. Avec Cartwright, Huntington, Mills et autres, il parcourut le pays en 1877 et 1878, clouant partout le drapeau du ta if de revenu au mât du navire portant les destinées de son parti. Ce fut une lutte intéressante dans toute l’acception du mot et le succès complet de sir John ne fut pas moins intéressant à cause de la surprise causée à ses adversaires par le résultat. M. Mackenzie résigna immédiatement et le 17 octobre 1878, le nouveau ministère conservateur fut formé—ministère qui dura sous divers chefs et à travers diverses fluctuations dans son personnel jusqu’en 1896. Naturellement, sir John Macdonald fut premier ministre, l’hon. James McDonald, plus tard juge-en-chef de la Nouvelle-Ecosse, était ministre de la Justice, sir S. Leonard Tilley* était ministre des Finances, et resta à ce poste jusqu'en 1885, sir Charles Tupper était ministre des Chemins de Fer et Canaux, poste qu'il occupa jusqu'à la même date, sir Hector L. Langevin était Directeur Général des Postes, et plus tard, durant nombre d'années, ministre des Travaux Publics. D’autres membres du gouvernement étaient L. F. R. Masson, Mackenzie Bowell, j. C. Pope, L. F. G. Baby, John O’Connor, Sir Alexander Campbell et R. D. Wilmot.

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