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LA PLACE DE CABOT DANS L'HISTOIRE

I appartenait néanmoins à un Venitien, naviguant sous l’étendard britannique, d'aborder le premier à la terre-ferme de ce continent, Jean Cabot, resté enseveli dans le silence de quatre longs siècles, commence à présent à recevoir des honneurs et à jouir d’une réputa-

tion bien méritée par ses travaux. Qu'il ait, en 1497, touché les

rivages du Canada, soit au milieu des neiges et des glaces du Labra dor, ou dans les espaces plus favorisés de la Nouvelle-Ecosse, il ne semble pas y avoir lieu de douter de son apparition entre ces deux points de nôs côtes.* Un monument qui s'élève à Bristol d'où il partit, une plaque commémorative à Halifax qu'il rendit possible comme port de mer anglais, s'accordent à nous signaler la grande importance de son œuvre. Colomb, à vrai dire, l'avait précédé en visitant la bordure d'iles du continent, mais l'immense terre-ferme inconnue demeurait dans les limbes et le silence, tout comme autrefois. L'histoire rappelle aujourd’hui que Cabot fréquenta des mers bien autrement tourmentées que celles de Colomb; que ses ressources étaient infiniment moindres; que sa récompense fut encore plus mince et que le succès de toute sa carrière resta sous le poids de l'indifférence et de l'oubli durant des siècles.

Pourtant c'était lui qui avait planté le pavillon anglais sur les plages américaines et tracé le chemin aux colons anglais de Terreneuve, comme à la suprématie navale anglaise dans les mers de l'Ouest Sa découverte donna immédiatement le branle à l'esprit maritime de l'Angleterre et lui fournit, plus tard, un motif de prétendre à sa part du sol, de l’histoire, et des circonstances si mouvementées qui se déroulaient sur tout le nouveau continent.

A la suite de Colomb et de Cabot arrivèrent une nuée d’aventuriers, explorateurs, navigateurs. Sébastien, fils de Jean Cabot, côtoya les terres neuves depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu’à l'entrée de la baie d'Hudson et fut probablement effrayé par le spectacle lugubre des falaises du Labrador. Dans la direction du sud, Americ Vespuce poussa une exploration en 1498 et, par la suite, tout le con-

* Les autorités diffèrent de beaucoup sur l’endroit du débarquement de Cabot. Le juge Prowse croit qu’il toucha d'abord à Terreneuve, tandis que le Dr. Harvey est en faveur de la théorie qui indique le Cap Breton. M, H. Harrisse tient pour le Labrador, et avant lui Humboldt et Biddle disaient de même. Mais la masse des opinions actuelles, y compris celle de sir Clements Markham, du signor Tarducci, R. G. Thwaites et sir J, G. Bourinot, est fortement du coté du Cap Breton comme place d'arrivée. Cette manière de voir a reçu dernièrement le support des preuves très concluantes fournies par le Dr. S. E. Dawson d'Ottawa.

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tinent porta son nom. Quelques années après, Cortereal, portugais de nation, inspiré par l'esprit d'entreprise qui alors valait à son pays l'empire du commerce et de territoires inappréciables, explora les approches de Terreneuve, du Labrador et fit connaissance avec les naturels du pays, capturant quelques uns de ces pauvres gens pour en faire des esclaves. Denis, de Honfleur, un français de mérite recornu, visita le futur golfe Saint-Laurent, en 1506, et déclara carrément qu'il annexait toute la contrée à la France et la rendait tributaire de cette couronne. Il ramena un petit Sauvage enlevé à ses parents, comme pour démontrer que les instincts brutaux cachés sous la prétendue civilisation se réveillent au contact de la barbarie. Ses renseignements eurent pour résultat de conduire Cartier sur la scène et de donner une base pour réclamer le territoire et par là rendre possible l'exercice d’un pouvoir qui aurait pu faire de François I. le plus grand souverain de l'Europe er rendant son Camp du Drap d'Or une réalité au lieu d'un simple simulacre.

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