‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 230 sur 289 · LES · texte numérisé non relu

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province de Québec. Le résultat fut très différent ailleurs. Si Québec s'était montrée indignée au sujet de l'affaire Riel, Ontario était maintenant chauffée à blanc, lentement mais sûrement, au sujet de cette introduction du nom et du pouvoir du pape dans la législation canadienne. Naturellement, dans chaque cas, ce n’était qu'une partie du peuple qui était excitée à ce point, mais ce n’en était pas moins un élément bruyant et qui trouva d'abondants moyens de s'exprimer. UNE VIOLENTE DISPUTE DE SECTAIRES

Le protestantisme agressif dans Ontario fut pris d’une rage féroce. Les loges orangistes prodiguaient les résolutions dénonciatrices et le A/ar/ de Toronto recommença ses attaques bien rédigées mais peu sages contre la province de Québec et ses institutions religieuses. Les Jésuites comme Ordre et comme individus étaient peints sous les couleurs les plus sombres que la langue ou la plume puissent produire et toutes les pages de l’histoire furent fouillées pour y trouver des exemples propres à enflammer l'opinion publique. Bientôt, la minorité protestante de Québec prit feu au contact de l’agitation soulevée ailleurs et commença à croire qu'elle avait dû être outrageusement maltraitée et qu’elle devait se joindre au mouvement pour forcer le gouverneme:t fédéral à désavouer la mesure odieuse. D'un autre côté, la presse française ne tarda pas à s’indigner des remarques de quelques-uns des critiques des autres provinces, et en peu de temps l’on se crut à la veille d’une lutte de sectaires plus violente que toutes celles que le Canada avait subies jusqu'alors.

On fut quelque temps sans savoir ce que ferait le gouvernement fédéral. Au point de vue politique, il se trouvait dans un dilemme sérieux. S'il désavouait la mesure, le parti perdrait probablement Québec; s'il ne la désavouait pas, il perdait un appui également sérieux. Le 13 février, 1889, les premiers grondements de l'orage parlementaire devenu inévitable se firent entendre lorsque M. J. A. Barron se leva de son siège pour poser certaines questions au sujet

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de l’Acte concernant les Biens des Jésuites de la Législature de Québec. Le ministre de la Justice, en termes clairs et concis, répliqua que le gouvernement avait considéré la question et que lui-même avait fait rapport au gouverneur général qu'au point de vue légal et constitutionnel, l'Acte était tei que l'on devait permettre sa mise en vigueur. M. Thompson devint aussitôt le point de mire d'une furieuse campagne. Son attitude dans l'affaire Riel fut oubliée et l'on déclara qu'il avait été guidé dans le cas actuel par les préjugés religieux. Le Révérend docteur George Douglas, de Montréal, le docteur Carman, chef de l'Eglise Méthodiste en Canada, le chanoine (plus tard évêque) Du Moulin, le principal Caven du collége Knox et un grand nombre d’autres membres du clergé protestant l'attaquèrent personellement, ainsi que le gouvernement, d’une façon générale, en termes violents et indignés.

Des assemblées eurent lieu à Toronto et ailleurs. Leton des discussions y fut aussi violemment protestant que celui des réunions de Montréal avait été français et catholique en 1885. M. D'Alton Mc- Carthy, C. R., un avocat éminent, un homme respecté, doué de beaucoup de talents, se fit le champion des Droits Egaux proposés dans des discours très énergiques et assez persuasifs. Finalement, après beaucoup de perturbation politique, la Chambre des Communes fut saisie de l'affaire au moyen d’une résolution presentée le 26 mars par le lieutenant-colonel William E. O’Brien. On ne savait pas encore ce que ferait l'opposition, et l’on ne comprenait pas tout-à-fait la force des protestants dans la Chambre. Il est assez évident, cependant, que M. McCarthy, qui était le véritable chef du mouvement, ne pouvait guère avoir assez de fidèles avec lui pour battre le gouvernement, en se coalisant avec les libéraux, à moins qu’il n’y eut abstention complète de la part des conservateurs français au moment du vote. La motion était énergique et très habilement rédigée dans les termes suivants :

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