‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 232 sur 289 · L'HONORABLE SIR MACKENZIE BOWELL, K.C.M.G · texte numérisé non relu

L'HONORABLE SIR MACKENZIE BOWELL, K.C.M.G

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un grand nombre de discours sur des milliers de tréteaux durant l’année suivante, La résolution était habilement rédigée dans le but d'obtenir l'appui de tous ceux qui désiraient limiter les pouvoirs de la législation provinciale; de tous ceux qui détestaiznt ou craignaient le catholicisme romain ; de tousceux qui partageaient l'aversion populaire des protestants contre le pouvoir temporel du pape et l'extension de l'influence jésuitique. Le débat qui s’en suivit fut très intéressant à cause de la quantité de recherches historiques auxquelles il donna lieu, sinon pour d'autres causes. Les Jésuites furent defendus ou accusés dans chaque phrase de louange ou d’exécration qui put être recueillie dans les fastes du passé. Le colonel O'Brien, M. J. C. Rykert, M. J. A. Barror et M. C. C. Colby se succédèrent dans des discours pu. et contre. M. Colby, protestant lui-même, présenta un tableau très intéressant de l'Eglise Catholique Romaine comme instrument politique de défense contre les éléments dangereux qui existent aujourd'hui dans tous les pays, “Elle reconnait,” déclairait-il, “ la suprématie de l'autorité; elle enseigne l'observation de la loi; elle enseigne le respect du bon ordre et des autorités constituées de la société.” Il la réprésenta avec raison comme opposée à l'incrédulité, à l'anarchie et À cet esprit qui n’a aucun respect pour les institutions existantes, de quelque nature qu’elles soient.

M. McCarthy lui répondit par un réquisitoire clair et incisif contre le gouvernement et tous ceux qui étaient concernés en cette affaire, soit en adoptant cette mesure, soit en la permettant. Après lui vint sir John Thompson (il avait été créé chevalier en 1888) dans un discours, comparable par la forme et le fond à son fameux plaidoyer sur la question Riel. D'autres orateurs prirent la parole, notamment M. Laurier, sir John Macdonald et sir Richard Cartwright; puis il y eut un vote qui eut pour effet de rejeter la motion par 118 voix contre 13. Naturellement, on avait appris avant cela que l'opposition voterait avec le gouvernement, dans l’ensemble, afin de défendre le

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grand principe des droits provinciaux en faveur duquel eile avait livré divers combats dans ses provinces—surtout dans Ontario et dans le Manitoba—et qui fournit alors aux deux partis une base très agréable pour se réunir. Ce vote régla la question en tant qu'il s'agissait du parlement, bien que cela eut pour effet de rendre la discussion plus intense au dehors. De même qu'il avait été impossible durant un certain temps de faire face à l'orage dans Québec à propos de l'exécution de Riel, de même il fut impossible de contrôler l'agitation dans Ontario au sujet de l'adcption de cet Acte et du refus de le désavouer de la part des autorités fédérales.

Des grandes assemblés eurent lieu. La petite minorité parlementaire était désignée sous le nom des ‘nobles treize” et le 12 juin 1889, à une convention tenue à Toronto, l'Association des Droits Egaux fut formée. Cette organisation proclama que les protestants de la province de Québec avaient besoin d'être sauvegardés; elle entreprit de les protéger et de résister aux empiètements apparemment croissants de l'Eglise de Rome. Elle avait plusieurs officiers influents, avec D'Alton McCarthy comme son ‘chef parlementaire, et le terme appui d'un grand nombre de gens très sincères et très honnêtes dans toute la province. Parmi un élément différent se recruta aussi la Protestant Protective Association ou P. P. À. comme ennemie jurée et avouée de catholicisme romain tant dans la vie privée que dans ia vie publique. Le gouverneur-général reçut de M. Hugh Graham de Montréal une requête lui demandant de soumettre la constitutionalité de l'Acte à la considération de la Cour Suprême du Canada, mais cette requête fut rejetée sur l'avis du ministre de la Justice dont les raisons sont données au long dans un mémoire très bien fait publié en août. Des pétitions demandant le désaveu furent aussi reçues—celle d'Ontario contenait 156,000 signatures, et l’une de celles de Québec était signée de 9,000 noms.

Le 2 août, une députation s'était présentée devant le gouverneurgénéral portant ces pétitions et lui demandant d'exercer sa prérogative personnelle en désavouant la loi en question. Lord Stanley de Preston écouta attentivement les arguments du principal Caven et autres. Sa réponse équivalut à la simple déclaration qu'il ne pouvait pas et ne voulait pas désavouer une mesure malgré son propre ministère et une forte majorité parlementaire comprenant la masse des deux partis dans le Dominion.

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