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REGLEMENT FINAL DE LA QUESTION

Peu de temps après cela, le Comité Protestant du Conseil de l’'Instruction Publique de Québec manifesta son appréciation de la valeur de l'argent, ou son défaut d'appréciation de l'agitation qui avait lieu, en acceptant, au nom des protestants de la province, le mandat public qui lui était imposé pour la distribution des $60,000 accordés aux termes de la fameuse mesure. Il posa cependant certaines conditions que M. Mercier accepta sans hésitation et, le 5 novembre, la scène finale d’un intéressant drame politique se déroula dans la ville de Québec. Là, en présence d’une nombreuse réunion d'hommes marquants, les $400,000 furent payés de la manière qui avait été préalablement prescrite. Un chèque de $100,000 fut donné à la Société de Jésus, #40,000 allèrent à l'Université Laval et le reste fut divisé en sommes de $10,000 et de $20,000 entre divers diocèses intéressés. Les autorités protestantes de l'éducation reçurent aussi leur chèque.

Il ne restait plus maintenant au parti des Droits Egaux d'autre ressource que la revanche politique. Sous la direction de McCarthy | la rechercha à la Chambre des Communes par une motion contre l'usage des deux langues officielles au Manitoba et dans les Terri-

toires du Nord-Ouest, et présenta une résolution demandant la

soumission de la question constitutionnelle à la Cour Suprême. Dans

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Ontario, il se fit une agitation contre l'extension du système des Ecoles Séparées sous le gouvernement provincial de M. Mowat et plus tard, les murmures de la question des Ecoles du Manitoba se firent entendre. Cependant, l'esprit de secte se calma assez vite et le mouvement cessa graduellement. Le succès du parti conservateur aux élections fédérales de 1891 et celui du parti libéral aux élections provinciales d’Ontario en 1890 donnèrent virtuellement le coup de grâce à l'Association des Droits Egaux et à la P. P. A. Ilen resta un fait important dans l’abandon, par M. McCarthy, du parti conservateur dont il avait été naguère l’un des chefs les plus actifs et les plus remarquables.

Cependant, le sentiment protestant au Canada eut sa revanche d'une facon très réelle, quoique très indirecte, dans la chute de M. Mercier, en décembre 1891.

Cet homme extraordinaire avait passé les quelques années de son triomphe politique dans une orgie de faste et de tous les plaisirs que le succ:s peut procurer. Il était allé à Rome, avait été reçu à bras ouverts par les autorités pontificales qui l'avaient créé chevalier et lui avaient décerné le titre de comte. Il était revenu dans la province pour participer à des fêtes publiques dans lesquelles la popu-

larité de ses réceptions n'était égalée :ue par la magnificence de ses

uniformes multicolores. Il avait vécu de façon à faire supposer qu'il possédait ou remuait des millions. Puis vinrent des murmures de corruption politique #* ues pots-de-vin prélevés par son gouvernement sur les opérations financières. Finalement, le scandale du chemin de fer de la Baie des Chaleurs fut mis à nu. On produisit la preuve que son gouvernement, ou lui-même, avait reçu #100,000 pour l'adjudication de l’entreprise, et une Commission Royale, par un rapport de majorité, le déclara coupable de corruption sur ce point et sur d’autres, Le lieutenant-gouverneur A. R. Angers le renvoya bientôt du pouvoir. De Boucherville devint premier ministre et, lors

des élections qui suivirent, il rallia de nouveau la province en faveur du parti conservateur. Toute l'éloquence incontestable de Mercier et toute sa popularité personnelle ne purent affecter le verdict, ni le maintenir à la tête de son parti, ni réhabiliter sa réputation personnelle. Quelques années après, cet homme très brillant, et très aimable sous plus d'un rapport, mourut pauvre et virtuellement effacé.

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U cours des années qui suivirent l'adoption de la Politique Nationale par le parlement, en 1870, on s’aperçut très bien

que le peuple y adhérait et les élections de 1882 de 1887— nonobstant le fait que, dans ce dernier cas, il y eut en jeu d’autres motifs—paraissaient fortifier cette politique dans la population. Le commerce s'était développé énormément, puis il faiblit quelque peu, ensuite s'accrut jusque en 1891 où il atteignit $218,000,000. Les chemins de fer avaient augmenté leur parcours de 6,000 à 13,000, et leur trafic de huit à vingt et un millions de tonnes. Les dépôts dans les banques ordinaires et les banques d'épargnes s'étaient élevés

de $78,000,000 à #192,000,000, et le revenu avait augmenté de seize

millions. Le tarif était établi sur une moyenne de trente-cinq par

cent, ou la moitié, à peu près, de celui de la république américaine.

On ne pouvait douter, en plus, d'une augmentation dans plusieurs

branches d'industrie et le continuel développement des fabriques,

ainsi que l’accumulation de l'épargne dans les classes pauvres

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