‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 240 sur 289 · DE · texte numérisé non relu

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556 COMMERCE, TANIES, KECIPROCITE ILLIMITÉE

et comme n'ayant pas réussi à arrêter l'émigration du peuple vers les Etats-Unis, ni à favoriser le travail individuel par de meilleurs salaires ; il proclamait sa loyauté personnelle et celle de son parti envers la Couronne britannique et le lien colonial; il exprimait l'opinion que, grâce à la réforme projetée d'“absolue liberté réciproque de commerce entre le Canada et les Etats-Unis,” la taxe directe ne serait pas nécessaire et l'assimilation des tarifs ne serait pas inévitable. Sur la question de première importance relative à la distinction au préjudice de la Grande-Bretagne, en vertu du libre-échange avec les Etats-Unis, et la déclaration conservatrice portant que la nature même des choses entrainerait cette conséquence, il soumettait une simple dénégation et la déclaration vague mais sivnificative que voici :

“On ne peut s'attendre, ce serait folie de croire à ce que Îles intérêts d'une colonie soient toujours identiques aux intérêts de la mère-patrie. Le jour doit arriver où pour la seule cause du développement de la vie nationale dans la colonie, il se produira un conflit d'intérêts avec la mèrc-patrie et, dans ce cas, tout en regrettant d'avoir à choisir, je resterais fidèle à mon pays natal.”

Le peuple prit beaucoup d'intérêt à la lutte qui suivit vu que les questions qui y étaient débattues avaient une importance impériale et internationale. La presse du Royaume-Uni, des lointaines colonies australasiennes et des Etats-Unis, les critiqua et les étudia. Le résultat devint de plus en plus douteux à mesure que le temps approchait et de toutesles parties du Dominion arrivaient des demandes de la part des partisans de sir John Macdonal: requérant sa présence dans la région. Sa santé n'était pas bonne; il était arrivé à un âge où un peu de repos lui était devenu nécessaire et où il lui aurait fallu renoncer aux fatigues et aux responsabilités d'une campagne active; ses médecins l'avertirent qu'il ne pourrait prendre une part éminente à la lutte qu’au risque de sa vie. Mais il ne pouvait résister aux instances de ses

partisans et, convaincu que le siccès aurait été compromis par son

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abstention, il se jeta dans la lutte avec une ardeur intense et pas une minute trop tôt, à son point de vue.

Les éléments favorables aux libéraux consistaient en sentiment déjà développés en faveur d'une large mesure de réciprocité avec Îles Etats-Unis; la dépression de l’agriculture causée par la loi McKirley ; l'influence de l'éloquence persuasive et de la personnalité de M. Laurier—surtout parmi les Canadiens-Français; les efforts amoindris mais encore influents de l'Association des Droits Egaux dans Ontario ; le travail puissant fait par M. Mercier qui était encore premier ministre de Québec et qui retarda un voyage projeté en Europe pour rester à côté de “ mon chef estimé, M. Laurier,” ainsi qu'il le déclara à une grande assemblée tenue à Montréal, le 9 février ; le fait que divers scandales électoraux, impliquant le parti conservateur avaient été rendus publics durant la dernière session du parlement ; les critiques mordantes et constantes de sir Richard Cartwright; la coopération active et hostile de presque tous les premiers ministres provinciaux—y comprise la grand influence de M. Oliver Mowat dans Ontario, de M. Mercier dans Québec, de M. Greenway, ir ie Manitoba, de M. À. G. Blair au Nouveau-Brunswick et de M. W. Ss. Fielding, dans la Nouvelle-Ecosse.

Les éléments favorables au parti conservateur étaient, d'abord, la personnalité populaire, magnétique de son chef se présentant de nouveau devant le peuple; l'appui splendide de sir Charles Tupper, qui avait été rappelé d'Angleterre où il exerçait les fonctions de Haut-Commissaire, pour aider à cette lutte suprême; l'aide de sir John Thompson, avec son éloquence convaincante et résolue, et de l'honorable George F. Foster, avec son style plus populaire et plus efficace ; la publication d'une correspondence qui frisait la trahison et qui avait été échangée par M. Edward Farrar jadis rédacteur du Aar/ de Toronto et alors l'un des rédacteurs de l'organe libéral le G/oôe de Toronto; l'appui donné à l'opposition par M. Goidwin Smith et

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l'augmentation des soupçons qui en était résulté contre la loyauté du programme libéral ; l'opinion persistante des manufacturiers en faveur de la protection et leur crainte naturelle de la réciprocité; l'expression croissant rapidement d'une forte loyauté jusqu'alors latente mcis très réelle en faveur du lien britannique dans tous les partis et das toutes les classes: l’activité d'une petite bande d'impérialistes qui faisait tous ses efforts pour développer la crainte et l'hostilité contre l'idée du commerce continental.

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