MORT DE SIR JOHN MACDONALD
Le résultat de la lutte fut la victoire du chef conservateur et de son gouvernement par une majorité de vingt à trente voix. Deux membres du ministère subirent des défaites, M. C. C. Colby et M. (plus tard sir) John Carling, et deux chefs de l'opposition, M. A. G. Jones et M. Peter Mitchell. Ce fut le dernier succès politique de sir John Macdonald. Malgré l'avis sincère de ses médecins, le vieux chef, alors arrivé à la soixante-dix-septième année de son âge, s'était jeté dans la lutte avec une énergie qui semblait merveilleuse pour un homme dont la faiblesse physique était reconnue. Il s'était trouvé partout, encourageant la lutte, insufflant l'âme et la vie à ses partisans, excitant l'enthousiasme des nombreux auditoires, comme son magnétisme personnel pouvait seul le faire, apaisant les différends, aplanissant les obstacles par son étonnante combinaison de tact et de charme personnel, bref, donnant à la campagne cette impulsion victorieuse qui était nécessaire pour surmonter les nombreuses circonstances adverses du moment. Sans lui, le parti eut très certainement été défait, et sachant cela, il avait livré un dernier combat pour ce qu'il croyait être les principes fondamentaux de la nationalité canadienne et du progrès canadien—le lien britannique et la loyauté envers l'union intime et honorable du Dominion et de l'empire.
Les efforts qu'il avait faits pour diriger la campagne et pour adresser la parole aux assemblées publiques presque chaque jour
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durant des semaines—en une certaine occasion il avait parlé cinq fois dans les vingt-quatre heures—triomphèrent de ses forces physiques et il revint à Ottawa pour y mourir. On se borna d'abord à annoncer qu'il avait besoin de repos, puis, après la réunion du parlement, à la fin d'avril, on annonça qu'il était indisposé. Mais l'attaque sérieuse ne se produisit que le 29 mai, bien qu'elle eut été précédée d'un wrand nombre de signes avant-coureurs. Puis, en un instant, la paralysie vint arrêter ce cerveau si actif, engourdir ces brillantes facultés et réduire au silence éternel cette voix qui avait été pendant si longtemps la voix du Canada. Durant la semaine d'attente anxieuse qui suivit, les divergences politiques furent oubliées: Île peuple du Canada était par la pensée auprès du chevet d'Éarnscliffe où le plus grand des constructeurs de l'Empire, le plus sage des chefs canadiens livrait silencieusement son dernier combat contre le plus puissant de tous les ennemis. Le parlement avait été ajourné; la Reine envoyait chaque jour des câblegrammes pour s'enquérir de l'état du malade ; les gens commencèrent à comprendre quelle grande figure disparaissait ; les politiciens se mirent à trembler pour l'avenir du parti qu'il avait dirigé et qu'il avait rendu presque synonyme de lui-même. Le 6 juin sir John s'éteignit et le deuil qui s'ensuivit dans tout le Dominion fut aussi remarquable par son intensité et sa note particulière de douleur que les scènes qui signalèrent les obsèques officielles du premier ministre défunt d'Ottawa à Kingston, le lieu de sa sépulture, furent remarquables par leur splendeur, Dans le cours des années qui suivirent immédiatement, des monuments furent érigés à sa mémoire à Toronto, Kingston, Ottawa, Hamilton et Montréal, mais l'historien peut dire en toute sûreté que son monument le plus durable est dans les cœurs de ces compatriotes, RESULTATS DES ELECTIONS
Le désarroi était dans le camp politique. Il avait été impossible
au chef défunt de désigner son successeur durant les derniers jours de
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