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ORIGINE DE LA QUESTION DES ECOLES DE MANITOBA

Puis se produisit la question des écoles de Manitoba. Ce fut d'abord uniquement une affaire provinciale. Mais elle ne tarda pas à s’introduire dans le domaine de la politique fédérale. Finalement elle souleva une tempête politique des plus dangereuses telle qu'une question mi-religieuse seule pouvait en soulever une au Canada. Il y avait eu bien des luttes au sujet de l'enseignement confessionel dans les provinces l’'Amérique-Britannique. Dès avant 1863, l'Ontario avait été en proie à des dissensions de cette nature, et l'honorable George Brown s'était mis à la tête d'un mouvement très hostile au maintien des écoles séparées catholiques romaines. La pacte fédéral dans une certaine mesure régla la cuestion au moyen d'un compromis en vertu dequel la minorité protestante de Québec et la minorité catholique d'Ontario étaient assurées d’un système d'écoles confessionnelles. La question fut remise à l’ordre du jour dans cette dernière province par suite de la concession prétendue de nouveaux privilèges en faveur de ces écoles confessionnelles que leur aurait accordés l'administration Mowat; et durant quelques années, M. W. R. Meredith et M. D'’Alton McCarthy se signalèrent dans la lutte. Mais l'agitation n'aboutit à aucun résultat. Dans le Nouveau-Brunswick, l'abolition des écoles confessionnelles, peu de temps après l'établissement de la. Confédération, souleva une question que les hommes politiques eurent la sagesse de ne pas chercher à exploiter, et dont les cours de justice disposèrent finalement en déclarant constitutionnelle la mesure édictée par la législature de la province.

Au Manitoba la situation était bien différente et il en résulta des conséquences plus importantes et plus iniiressantes.

M — nee

Le système adopté dans cette province n'était pas le même que celui | en force dans les autres parties de la Confédération. La province É avait accepté l'union fédérale en faisant sur ce point des stipulations quelque peu différentes de celles des autres provinces plus anciennes.

D'autre part ses conditions locales changèrent plus rapidement et plus ‘complètement que celles d'aucune autre partie du Dominion. En | 1870, lorsque le Manitoba donna son adhésion au pacte fédératif, sa | petite population se répartissait à peu près également entre protestants et catholiques, et comme on pensait alors qu'une forte émigration de Canadiens-français se porterait de ce côté, on était persuadé que l'équilibre se maintiendrait assez bien. Il n’est pas douteux que les colons catholiques de la Rivière Rouge à cette époque croyaient que leurs coutumes (car on ne pourrait leur donner le nom de système) en matière de religion et d'éducation seraient maintenues.

De fait, lorsque la nouvelle législature du Manitoba fut autorisée par la loi de 1870, à légiférer sur les questions d'instruction publique, ce fut, comme pour toutes les provinces, avec la stipulation que les droits existants à l'époque de l'union, seraient respectés ; bien qu'aucune loi, qu'aucune ordonnance, qu'aucun règlement ne fut légalement en force en ce moment dans cette colonie agitée de la Rivière Rouge. Aussi la discussion devait-elle se faire plus tard sur la question de savoir jusqu’à quel point l'usage suivi à cette époque pouvait être considéré comme étant un droit dans le sens de l'acte d'union. L’archevêque Taché, qui avait été témoin de la naissance du mouvement scolaire dans le Nord-Ouest et qui pendant tant d'années avait soutenu ses premiers pas, déclara avec force subséquement qu'il avait existé en 1870 nombre de bonnes écoles pour les eafants, et que quelquesunes de ces écoles étaient régies par son église et quelques autres par des sectes protestantes. Les fonds nécessaires au soutien de celles de ces écoles qui étaient destinées aux catholiques provenaient en partie des contributions des parents et en partie des deniers de

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