‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 249 sur 289 · FETE 1:11 111 | LA · texte numérisé non relu

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l'Eglise. Durant cette période première, ni les catholiques ni Îles protestants ne s'occupaient ou n'avaient la direction d’autres écoles que de celles appartenant à leur confession religieuse.

En 1871, peu de temps après l'adhésion de la province au pacte fédéral, une loi fut passée par la législatu:e du Manitoba établissant un système confessionnel d'éducation dans ce qu’on appelait les écoles communes. En vertu de cette loi, douze circonscriptions électorales, comprenant principalement une population protestante, devaient être considérées comme formant douze circonscriptions scolaires protestantes, sous la direction d’une section protestante du bureau provincial de l’Instruction publique. De même, douze circonscriptions, habitées principalement par des catholiques romains, formèrent un nombre égal de circonscriptions scolaires catholiques sous la gérance de la section catholique du bureau de l'Instruction publique. En sus du montant versé par le gouvernement de la province, chaque circonscription devait prélever, en la manière qu'il serait décidé à son assemblée annuelle, toute somme qui pourrait être requise. C'était au début, à beaucoup d’égards, l'application du système de Québec à une nouvelle province. Mais, les conditions, on le comprend, étaient très différentes et cette différence ne fit que s’accentuer à mesure que la population protestante s'accrut en nombre. Le système fut modifié en 1873 et en 1876, en vue de l'adapter aux conditions nouvelles et changeantes, mais le principe général restait le même. Au reste, je système, d'une manière générale, donnait de bons résultats et fonctionnait à la satisfaction des diverses confessions religieuses de la population manitobaine.

Il s'était produit quelque agitation en 1876, par suite du développement graduel de villages et de bourgs, et par suite de la croissance de ce qu’on pourrait appeler-un peu librement la population urbaine. Mais elle fut calmée par les amendements que l'on fit cette année-là à la loi, lesquels autorisèrent l'émission de bons par les

circonscriptions scolaires, la construction de bâtiments scolaires convenables. Le bureau provincial fut également reconstitué d’une manière satisfaisante. Pendant nombre d'années, les choses marchèrent sans qu'il se produisit de disputes religieuses, jusqu’en l’année 1890. Il y avait alors 628 écoles protestantes et 91 écoles catholiques dans la province, et la subvention du gouvernement continuait à être répartie proportionnellement entre les deux sections du bureau de l'Instruction publique. Cependant, le fanatisme religieux avait soufflé sur Québec et sur Ontario, et menaçait d'embraser ces deux provinces, par suite de l'apparition sur la scène d'hommes tels que Mercier et MacCarthy, Laurier et Meredith. L'’agitation au sujet de Riel et des Biens des Jésuites eut son contre-coup jusqu'au Manitoba; l'instinct du politicien démagogue s'empara de M. Joseph Martin, et un moment d’effervescence populaire fut mis à profit, durant la session de 1890, pour décréter l'abolition des écoles séparées,

Le principe d'écoles nationales non-confessionnelles est des plus bienfaisants lorsqu'il peut être appliqué sans réelle injustice pour ceux qui ne l'acceptent pas. Mais les circonstances dans lesquelles cet acte du gouvernment Greenway-Martin fut passé en faisaient une mesure odieuse et la loi prit aux yeux de la minorité la forme d’une répudiation des garanties données par la province et le Dominion. Cependant, les protestations du clergé catholique romain au Manitoba et les attaques vigoureuses dirigées par l'archevêque Taché contre l’administration, dans une série de lettres historiques publiées par le Winnipeg #ree Press, produisirent une impression assez profonde sur la population catholique des autres parties du Canada, pour faire sortir la question de l'arène provinciale. D'autre part, la minorité n'avait pas assez d'influence sur les lieux pour arrêter la majorité protestante très grande ou pour empêcher M. Greenway de se faire

acclamer par le,suffrage populaire aux élections de 1892.

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Sous le nouveau système d'instruction publique, la composition du bureau d'éducation fut naturellement complétement changée; et toutes les recettes provenant des taxes scolaires, qu’elles fussent de source protestante ou de source catholique, furent appliquées au maintien des écoles de la province sans distinction de religion. Le ministère provincial fut désormais le bureau d'éducation, avec l'assistance d’un bureau consultatif, composé de quatre ou de six membres nommés par l'exécutif, deux élus par les instituteurs de la province et un choisi par l'université de Manitoba Le département, ou le gouvernement se chargeait de tout le travail d'administration en rapport avec l'instruction publique; le bureau consultatif devait être en réalité une commission d'experts régissant toutes les matières d'un caractère technique comme celles se rapportant aux aptitudes des instituteurs, aux livres de classe, aux examens d'inscription et de promotion dans les écoles et aux formes d'exercices religieux. Des arrondissements scolaires, sous la gestion de commissaires élus par les contribuables, furent institués. D'une manière générale, ce système a donné de bons résultats, le niveau de l'instruction s'est élevé, le nombre des écoles a atteint 1,018 en 1897, et la subvention du gouvernement de la province s'est élevé à $190,000.

Mais pour les catholiques romains cette législation et ce système étaient détestables. Là, comme dans Québec et dans Ontario, leur désir était d'envoyer leurs enfants à des écoles où l'instruction religieuse tenait la première place et où l'enseignement profane n'était que secondäire. Ils ne voulaient point des prières protestantes, quelque déformées qu'elles pussent être, et ils demandaient des écoles à eux. Ilsse mirent à soutenir leurs propres écoles par le moyen de contributions particulières, bien que cela les forçât à payer double taxe pour les fins d'éducation. Naturellement, la question fut

bientôt agitée et discutée dans les autres provinces où les catholiques

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jouissaient de droits et de privilèges qu'ils considéraient garantis par le pacte fédéral.

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