‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 253 sur 289 · PRES · texte numérisé non relu

PRES

libre ie Manitoba ‘et libre le Manitoba restera disait-il, si la population anglaise a quelque influence dans le gouvernement de ce pays.” M. Mercier, qui cherchait encore à refaire sa popularité dans la province de Québec, tenta d’attiser les passions religieuses, et à Montréal, le 23 février 1893, invita ses concitoyens à “renoncer aux haines et aux luttes du passé pour former une union fraternelle des 2 millions de Canadiens-français contre les tentatives d'oppression des autres provinces.”

Pendant que l’on se lançait ainsi de part et d'autre l'injure et l'invective, le gouvernement fédéral avait nommé un sous-comité du conseil privé composé de sir John Thompson, de l'honorable Mackenzie Bowell et de l'honorable J. A. Chapleau, pour entendre l'appel de la minorité manitobaine et écouter les plaidoieries de M. J.S. Ewart, conseiller de la reine, de Winnipeg, représentant les pétitionnaires. M. Ewart et M. D’Alton McCarthy présentèrent les deux côtés de la question avec beaucoup de force et d’habileté, et le 6 janvier 1893, le sous-comité soumit au ministère un résumé de la discussion, et recommanda qu’une autre audience fut tenue à laquelle le gouvernement manitobain serait représenté. Ce dernier, toutefois, refusa de considérer la question comme ouverte, et ne voulut point se faire représenter. Le rapport indiquait en même temps certains points obscurs; il s'agissait de savoir si réellement l'exécutif était autorisé dans les circonstances à accorder une loi rémédiatrice ; ces points furent subséquemment soumis à la cour Suprême du Canada sous forme de six questions d'ordre constitutionnel. |

Un jugement d'interprétation rendu le 26 février 1894 décida qu'il n’y avait pas lieu de voter la loi rémédiatrice que demandaient les catholiques. Les juges se divisèrent trois contre deux sur cette question et, chose assez curieuse, le juge King, qui lorsqu'il était premier ministre du Nouveau-lirunswick, bien des années auparavant, avait déterminé l'abolition des écoles séparées de cette province, appuya la

prétention des catholiques, tandis que le juge Taschereau, un Canadien-

français, décida contre les prétentions de ses coreligionnaires. Appel

fut interjeté de cette décision au conseil privé impérial, et en janvier 1895, la décision fut rendue disant que le gouvernement fédéral, en vertu de la loi organique de la confédération, avait le droit d'accorder la loi rémédiatrice üéclarée constitutionnelle et possible dans le rapport du ministre de la Justice de 1891

Cet avocat et homme d'état de distinction était devenu dans l'intervalle premier ministre du Canada (décembre 1892) puis était décédé subitement dans des circonstances tragiques au château de Windsor (décembre 1894). Sir Mackenzie Bowell le remplaça à la direction des affaires, et il s’ensuivit au sein du ministère beaucoup d’agitation et de perplexité au sujet de cette question des écoles. Au parlement et dans la presse la question était agitée et l’on discutait avec ardeur les résultats possibles de la décision qu’on allait prendre. Un intéressant débat eut lieu à la Chambre le 6 mars 1893, à l’occasion de la seconde référence que l’on fit de la question au conseil privé impérial M. J. Israel Tarte présenta une motion pour désapprouver la conduite du gouvernement. Sir John Thompson, en un discours habile et sérieux, défendit l'attitude du gouvernement au point de vue constitutionnel, et M. D’Alton McCarthy, qui représentait à ce moment un groupe, très norabreux probablement, de la population, donna la réplique au ministre en un discours vigoureux. Il dénonça le gouvernement à cause de sa lenteur dans le règlement d'une question irritante. Il était important qu'une décision fût rendue dans un sens ou dans l’autre. “Il s'agissait de décider si la province du Manitoba, avec sa population de 150,000 âmes, dont au plus 20,000 catholiques, devait être contrainte d'accepter à son corps défendant un système d'écoles confessionnelles.” M. Wilfrid Laurier, en une harangue où il dénonçait le gouvernement d'une manière générale, fit certaines observations qui sont intéressantes à lire

page mes

RE

ERP RRNNE EE AS LE

GE

adien-

Appel

anvier al, en order ins le

dans était au de a à la ucoup s, Au scutait endre.

l'occaconseil

pour son, en ent au repré- , de la ureux. lement rendue -nvince u plus corps aurier, ranière

à lire

ee

DA de a AD ED

Page 1