‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 276 sur 289 · ER A · texte numérisé non relu

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de la forêt. L'agriculture avait fait peu de progrès et il n'existait pas de manufactures-—-excepté les métiers à tisser ordinaires et les produits de la fabrication domestique. Le système fiscal anglais fut introduit en même temps que le gouvernement britannique. Les Canadiens purent dèslors trafiauer avec les Treize Colonies quoiqu'en réalité il y eut peu de demandes d'échanges. En outre toutes les possessions anglaises étaient gouvernées par les mêmes lois et règle-

ments de navigation lesquels défendaient le commerce avec l'étranger

ou dans des vaisseaux étrangers, mesures qui commençaient déjà à irriter les habitants des côtes de l’Atlantique. Presque tout le commerce canadien passa donc bientôt des mains de la France à celles de l'Angleterre. Dès 1808 les chiffres pour le Haut et le Bas-Canada étaient de £1,776,000 sterling, dont la plus grande partie étaient les échanges avec l'Angleterre. Les fourrures, le blé, la farine, le bois et le poisson formaient les principales exportations, et quant aux importations il y avait pour {200,000 d'articles manufacturés, pour 4 100,000 de thé, tabac et provisions. En cette année 333 vaisseaux étaient engagés dans le commerce extérieur des provinces, tandis qu’en 1830, le seul de port de Québec recevait 967 navires,

Durant cetre période et jusqu'à 1846, la mère-patrie encouragea autant qu'elle le put le commerce colonial. Si elle crut devoir restreindre son expansion avec les pays étrangers, elle se racheta par des tarifs qui donnaient de grandes préférences aux produits canadiens sur ceux des autres pays, ainsi, par exemple, pour le bois sur celui de la Baltique, pour le blé sur ceiui des Etats-Unis. En 1845, le tarif impérial montrait une préférence sur le blé de 185. pour les pays étrangers et seulement de 2 à 5s. pour les colonies: sur les chevaux et les bœufs de 215. contre 105.; sur le fromage de 115. contre 25. 74. On en pourrait citer beaucoup d’autres’ exemples. L'année suivante, cependant, les Corz Laws et la préférence en faveur des colonies furent abolies, et après un krach préliminaire

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et une dépression prolongée, on établit un nouveau système fiscal composé d'un tarif de revenu avec çà et là un peu de protection; le commerce colonial se vit ouvrir le marché du monde entier et les tarifs coloniaux furent placés, par une série de procédés toujours croissants, sous le contrôle des gouvernements coloniaux.

Jusqu'à 1878 les tarifs des provinces d’abord, puis ceux de la Puissance demeurèrent en grande partie des tarifs de revenu excepté, cependant, la politique de 1858-59 de M. Galt dans les Canadas. Depuis 1878, le tarif canadien est purement et simplement protectionniste avec cependant, une préférence accordée aux produits anglais depuis 1898.

COMMERCE INTERPROVINCIAL

Durant toute cette période, à venir jusqu’au commencement du dernier quart du XIXième siècle, il se fit peu de vrai commerce entre les provinces de l'Amérique-Britannique. Le Nord-Ouest et la côte du Pacifique étaient nécessairement privés d'échange, à cause des distances, des obstacles géographiques et de l'influence d’une grande corporation, avec les provinces de l'Est. Le Bas-Canada et les provinces maritime suivirent naturellement les voies où ils rencontraient le moins d'obstacles et le plus d'encouragements et commerçaient avec l'Angleterre. Le Haut-Canada échangeait ses produits et ses marchandises tout le long d'une vaste frontiere. Quand vint le traité de réciprocité, le commerce avec les Etat-Unis augmenta considérablement au détriment de celui avec l'Angleterre et même des autres provinces. Depuis l'abolition des Corn Laws jusqu’à la confédération les provinces eurent chacune leur tarif les unes contre les autres. Durant la période de réciprocité, la population s’enrichissant dans le commerce américain, grossi par les nécessités de la guerre, et pendant que le commerce étranger augmentait par bonds et par sauts, Île commerce entre le Canada et les provinces maritimes fut peu considérable et fit peu de progrès. En 1855 il était de $1,889,428 et en 1866, de $2,429,028.

La confédération débuta donc avec un tarif interprovincial insignifiant, comparativement au commerce avec les Etats-Unis, lequel était de $75,000,000. Pendant la première décade, ce que l'on pourrait appeler le commerce intérieur n'augmenta que lentement. La réciprocité entre les différentes parties du Canada existait naturellement, et cela faisait un contraste vivant avec les conditions antérieures de réciprocité avec un pays étranger et de tarifs inter-provinciaux. Mais le nouveau tarif de la Puissance n'était guère de nature à encourager le commerce avec les provinces voisines et il tendait encore vers le sud, attiré par l’aimant d'une forte population et de grandes industries lesquelles se développaient constamment au fur et à mesure que

s'éloignait la période de la guerre.

Un comité choisi de la Chambre des Communes fut nommé en 1877 pour s'enquérir de l’état de choses, mais le parti anti-protectionniste étant encore au pouvoir, en ne pouvait guère s'attendre à un rapport exprimant des souhaits pour l’augmentation du commerce et du transport à meilleur marché. Puis vint la Politique Nationale de protection et la construction du chemi- de fer Pacifique Canadien. Un autre comité de la Chambre fut nommé en 1883, et après une enquête minutieuse, il fit rapport que les achats des provinces maritimes avaient augmenté de $1,200,000 en 1866 à $22,000,000 en 1882. Le commerce du poisson de la Nouvelle-Ecosse avec l'ouest s'était “développé dans de grandes proportions et jusqu'à Montréal, un commerce considérable de poisson et d'huiles, de marchandise des Indes Occidentales et de charbon se fait déjà.”

Il est cependant difficile d'obtenir des données exactes sur le commerce d'alors comme sur celui d'aujourd'hui. Comme il n’y a pas de tarifs sur lesquels on puisse appuyer ces chiffres, ils sont nécessairement approximatifs. Mais nous savons que depuis cette époque le.commerce entre les provinces a considérablement et constamment augmenté. Les marchandises de manufacture canadienne contrôlaient

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leur propre marché d'Halifax à Vancouver, et avec l'augmentation de la population, de la richesse et des facilités de transport, la valeur de ce marché augmenta naturellement. Le fer et l'acier fabriqués à la Nouvelle-Ecosse s'en vint dans les provinces de l'intérieur. Le coton et autres marchandises du Nouveau-Brunswick furent apportés sur les marchés d'Ontario. Les machines agricoles et autres produits de l'activité industrielle envahirent le Nord-Ouest. Les chaussures de Québec alimentèrent en partie le marché d'Ontario. Le poisson de l'Atlantique et du Pacifique vint dans l'intérieur du pays en quantités croissantes. Le charbon de la Nouvelle-Ecosse alimenta de plus en plus Québec et Ontario dans une mesure moindre,

Comme indication de l'accroissement du trafic interprovincial, nous voyons que, de 1887 à 1896, le cabotage a augmenté en volume, de 10,000,o00 de tonnes: que le fret par chemins de fer et par eau s'est accru, curant la n.âme période, de &,000,000 de tonnes ; que le transport des produits alimentairs entre Montréal et les ports des provinces maritimes, a augmenté considérablement depuis quelques années ; que le fret transporté par le chemin de fer intercolonial qui a augmenté de 421,000 tonnes en 1877, à 1,379,000 En 1596, ne représente guère que du trafic interprovincial. Et, quoiqu'on n'en puisse calcaler qu'approximativement le volume, ce que l'on voit de l'accroissement considérable du commerce intérieur est suffisant pour autoriser M. George Johnson, le statisticien du Dominion, à faire des calculs élaborés et à en conclure que, en 1899, le commerce interprovincial se chiffrait à $80,000,000. En suivant sa méthode de calcul les chiffres de la dernière année du siècle seraient d'au moins $125,000,000.

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