DEVELOPPEMENT DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE
Cependant, le commerce extérieur s'est, lui aussi, considérablement développé. L’impulsion donnée au commerce avec les Etats-Unis, ainsi qu’à l'emploi des facilités de transport de ce pays
PIE = Le SALE
due à abolition de la préférence britannique et à l'opération du traité de réciprocité, fut enrayée par l’abrovation de ce traité ainsi que, dans une certain mesure, par la confédération. Elle fut finalement annulée par l'adoption par le Canada d'un tarif protectionniste. Le cultivateur qui avait cru d’abord que les Etats-Unis étaient, à cause de leur proximité, le marché naturel pour ses produits, s’aperçut bientôt, que ce n'était, après tout, qu’un simple médium de transport entre le Canada et la Grande-Bretagne. Le manufacturier vit qu'il n'avait guère de chance de faire concurrence aux Américains, sur leur marché protégé, et qu’il vaudrait mieux alors, tout en essayant de retenir ses consommateurs voisins, de chercher d’autres débouchés.
Les Canadiens s’aperçurent, en effet, que les Américains étaient leurs rivaux en meunerie, leurs compétiteurs en industrie, leurs adver. saires quant au transport par chemins de fer et par eau, leurs antagonistes en manufacture et commerce, en importation et en distribution, leurs rivaux sur le marché anglais. D'où le changement gra luel dans les états du commerce. En 1853, l’Amérique-Britannique importait des Etats-Unis pour $7,301,000, en 1863, #24,967,000, en 1873; $47,375,000, en 1883, $56,032,000, en 1893, $58,221,000. En 1853 le Canada exportait aux Etats-Unis pour #6,527,000, en 1863, $17,484,000, en 1873, #42,072,000, en 1883 $41,668,000, en 1893 $43,923,000. On voit que l'accroissement de ce commerce fut considérable et continu jusqu'à 1873, lorsqu'il devint presque stationnaire. Vers la fin du siècle, les importations augmentent à cause des spécialités des manufactures américaines, du bon état du commerce et de la demande croissante, de la part des manufacturiers canad'ens, de matières premières.
Cependant, notre commerce avec la Grande-Bretagne s'est dé-
veloppé d'une façon curieuse. Au commencement et jusque vers le milieu de ce siècle, le commerce des colonies se faisait presqu'entière: ment avec la mère-patrie. Depuis, pour les raisons déjà indiquées,
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une bonne partie fut détournée aux Etats-Unis. Jusqu'à 1875, cependant, les provinces, ou le Dominion, suivant le cas, continuèrent de recevoir la plus grande partie de leurs importations de la Grande- Bretagne—presque le doubl: de ce que on y exportait. En 1873 nos exportations en Angleterre étaient de $38,743,000 et nos importations de ce pays de $68,522,000; en 1893, c'était l'inverse, nos exportations étaient montées à $64,080,000 et nos importations n'étaient que de $43,148,000 En 1898, la position n'en était que plus frappante, nos exportations se montant à $104,998,000 et nos importations à $32,500,000 seulement. Les raisons de cette transformation sont multiples. Le marché anglais a consommé et requis plus de produits alimentaires canadiens. Ces derniers sont mieux connus et il s’en expédie moins par voie des ports américaines, de sorte qu'ils sont maintenant reconnus comme produits canadiens,
D'un autre côté, les Canadiens ont decouvert que plusieurs articles spéciaux de manufacture américaine étaient meilleur marché que les marchandises anglaises du même genre ou, encore, plus faciles à obtenir à cause de la négligence et de l'indifférence des Anglais. La proximité et le bon marché combinés ont eu un effet prononcé dans ce cas et le fait est amplement démontré quant aux importations de fer et d'acier durant deux périodes de cinq ans chacune. De 1882 à 1886 le Canada a acheté de la Grande-Bretagne, en chiffres ronds, pour #44,000,000 de cette denrée et, de 1894 à 1898 pour $29,000,000, soit une diminution de $15,000,000. De 1882 à 1886, le Dominion a acheté des Etats-Unis pour $20,000,000 de fer et d'acier et, de 1894 à 1898 pour $41,000,000, soit une augmentation de $21,000,000, ou plus du double du premier chiffre. Les conditions locales et la plus grande production industrielle en Canada, ont naturellement eu quelque chose à faire dans cette diminution générale des importations de marchandises anglaises et ilreste à savoir quels effets le tarif préférentiel accordé à la Grande-Bretagne, inauguré en 1898 par le gouvernement
Laurier, pourra produire en 1900 et les annécs suivantes sur cette tendance particulière du commerce canadien.
Les mines ont été, en 1900, une source féconde et croissante de
prospérité pour le Canada. Le fer, le charbon, le plomb, le cuivre,
le nickel, le mica, l'argent, l'or, l'amiante et plusieurs autres minéraux
existent en immenses quantités et quelques-uns d’entre eux sont
depuis longtemps connus comme produits de l’Amérique-Britannique.
Mais les difficultés de transport, d'extraction et de fonte du minérai et les craintes inspirées par la nature du climat ajoutées à l'ignorance générale de l'étranger à l'égard de nos vastes ressources que très peu connaissaient à fond, en empêchèrent le développement avant la fin au siècle. La Colombie-Britanniaue, il est vrai, eut sa part du retentissement de la découverte de l'or en Californie, dans les crguantes. On explora complètement et on exploita ses placers d’or et avec le temps on retira pour $50,000,000 de poudre d'or de ses ruisseaux et de ses vallées. Mais on ne faisait, cependant, que toucher la surface. Pendant plusieurs années, la Nouvelle-Ecosse produisit une quantité d'or et de charbon, petite, mais continue et rémunératrice, et le sel et le pétrole figurèrent longtemps parmi les principaux produits d'Ontario. La consommation de charbon canadien augmenta aussi visiblement, avec le temps, et les tarifs furent fixés de manière à aider à la Nouvelle-Ecosse à écouler ce produit dans les autres provinces. L'exportation de cette denrée augmenta lentement de 265,000 tonnes en 1868 à 1,140,000 tonnes cn 1899. Mais cette production de charbon ne faisait qu’effleurer la surface des vastes ressources, qui nous sont aujourd'hui connues, à la Nouvelle-Ecosse, à la Colombie- Anglaise et dans les territoires du Nord-Ouest.
On s’est efforcé depuis quelque temps, au moyen de législation financière et de primes—notamment dans la politique de sir Charles Tupper en 1883-—-d'encourager l'industrie du fer et de l'acier en Canada; mais sans grand succès jusqu’à la dernière décade du siècle,
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Lors de sa visite en Canada, 1860