SA MAJESTE LA REINE VICTORIA
quand les haut-fourueaux commencèrent à augmenter en nombre et en production dans presque toutes les parties du Canada et surtout dans la Nouvelle-Ecosse, dans Ontario et dans la Colombie-Britannique, Mais c'est surtout la production de l'or qui s'est developpée au Canada durant la dernière décade, En 1894, la valeur totale pour le Canada était $1,128,688 et, depuis vingt ans ce chiffre n'avait guère varié. En 1896, il était de $2,754,704, l'année suivante il dépassait $6,000,000, en 1898, $13,000,000 et, en 1899, il atteignait plus üe $21,000,000. La cause principale de cette augmentation fut la découverte, puis le développement des ressources presque infinies du district du Yukon, le pays de l'or. La découverte du métal précieux dans la région du Lac-des-Bois, dans Ontario, ainsi que l'immense quantité de ce métal que l'on découvrit à Rossland et par tout le district de Kootenay, dans la Colombie-Britannique contribuèrent aussi à cet accroissement. De 1896 à 1899 la production de l'or au Yukon, connue des autorités du Canada, a augmenté de $#300,000 à $16,000,000, et la quantité de poudre d'or emportée annuellement par les mineurs américains, non-contrôlée par le gouvernement, doublerait probablement ce dernier chiffre. L'argent se trouve aussi en assez grande quantité au Canada, quoique, depuis quelques années, ça n'ait pas été un produit bien rémunérateur. On a découvert des gisements considérables de nickel au nord du lac Supérieur et des capitaux anglais et américains sont en train de les développer rapidement. Les chiffres représentant la production totale des mines dans le Dominion parlent par eux-mêmes. Elle s'élevait à $10,000,000 en 1893, à $22,000,000 en 1896 et atteivnait $48,000,000 en 1890. Cependant, le cultivateur avait changé et sa position s'était sensiblement modifiée. Les maisons de pièces sur pièces et les huttes des premiers colons des vieilles provinces avaient fait place à des
maisons confortables et à de vastes granges. De champs riants, des
jardins et des vergers avaient remplacé la forêt et le désert. Les
anciens meubles en bois, de fabrication domestique, avaient disparu, et mêmes les antiques reliques d'avant la Révolution avaient été mises de côté et remplacées par des articles de fabric:tion moderne et canadiens pour la plupart ; et, depuis l’harmonium populaire jusqu’au sofa de crin de cheval, tout, dans la maison du cultivateur, respirait une ère nouvelle de bon marché. Les machines survinrent aussi et remplacèrent les ouvriers qui, dans les grandes fermes, avaient presque formé des villages par eux-mêmes. L'activité et le bruit de la dernière partie du siècl: se sont fait sentir dans nos campagnes et un grand nombre de jeunes gens ont été attirés dans les populeuses villes américaines et dans les centres croissants d'Ontario. Le retentissement du progrès de l’ouest en attira d’autres et plus d'une hypothèque sur les fermes d'Ontario doit son origine à l’établissement de fils de cultivateurs dans le Manitoba et les plains de l’ouest. Le cultiva. teur a-t-il progressé ou non, c’est là une question difficile à résoudre.
L'étendue des champs, les avantages de l’agriculture, la facilité de production, ont toutes augmentées immensément. Dans Ontario, ou le Haut-Canada, comme on le nommait alors, le superficie occupée en 1826 était de 3,353,000 acres et la partie cultivée de 599,000 acres; en 1841 les chiffres étaient pour l’une 6,868,000 acres et pour l’autre de 1,181,000 acres ; en 1891, la première s'élevait à 21,091,000 acres et la seconde à 14,157,000 acres. Ceci est une énorme expansion comparée à la population de la province qui a augmenté, en chiffres ronds, d'une demi million à deux millions. Ajoutons à cela l'ouverture des vastes terres à blé de l’ouest, le splendide pays d'élevage des Territoires, et les régions fruitières de la Colombie- Britannique. En même temps la production du bétail se développait, et l'exportation en Angleterre, du bétail sur pied, durant les quatre années 1875-78, qui était évaluée à $1,118,000, était montée, en 1895-98, à 27,552,000 ; l'expansion de l’industrie fromagère dont l'exportation montait de $620,000 en 1868 à $16,776,o00 en 1899; l'accroissement
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du commerce d'exportation du lard et du jambon, de $783,000 en 1868 à $#10,416,478 en 1899; le fait est que l'envoi total du bétail, des chevaux et des moutons, en Angleterre, de 1874 à 1897 valait $#180,000,000.
Mais à côté du ces signes évidents de progrès, nous devons signaler l'augmentation des dettes et des hypothèques, des façons de vivre plus dispendieuses, ia diminution de la valeur de la propriété, surtout dans Ontario, où entre 1886 et 1898, le valeur des terres cultivées a diminuée de #$92,000,000. Mais à tout prendre, cependant, le cultivateur canadien de la fin du dix-neuvième siècle, paraît être plus à l’aise que tous ses concurrents des deux mondes et posséder assez de confort et être suffisamment à l'abri des incidents imprévus de la nature—ouragans, invasions d'insectes, inondations et désastres climatériques—pour être considéré comme un homme assez heureux.