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UN EVENEMENT QUI A DES SUITES GRAVES

L'année d’après, il se produisit un évènement qui a eu des conséquences durables et fut la cause nominale des luttes prolongées et sanglantes des Iroquois et des Français. Sonimportance a probablement été exagérée, attendu que la querelle était inévitable de toutes mahières. Les Iroquois n'auraient pas souffert de rivaux dans Île domination q: "ls s’arrogeaient, même si Champlain s'était abstenu de prêter assistance aux Hurons que, dans leur politique, ils comptaient anéantir, ainsi qu'il l'out fait plus tard. Ils étaient comme les loups qui rôdent par bandes innombrables, très vifs à comprendre le danger ; et, sans doute, ils y étaient préparés par les traditions et les

rumeurs de la conduite de Cartier et autres explorateurs qui avaient trompé et capturé des Sauvages amis—peut-être des membres de quelques tribus nomades de leur connaissance intime. Quoiqu'on

dise, Champlain précipita certainement la crise lorsque, au commencement de l'été de 1600, il épousa la cause des Algonquins de l'Ottawa, à titre d'amis et alliés des Hurons, et partit de Québec avec onze Français et une flottille de canots montés par des Sauvages pour attaquer les plus féroces et les plus capables de toutes les tribus ou nations sauvages. Les trois quarts des naturels qui suivaient Champlain désertèrent après s'être mis en désaccord avec les autres; neuf Français furent renvoyés à Québec durant la marche.

Restaient seulement soixante Sauvages avec “l’homme à la poitrine de fer” mais son audace et sa détermination emportaient tout devant lui et il entreprit de pénétrer dans l’intérieur du pays. L'intrépide soldat ouvrit sa route en dépit des rapides, des chutes écumantes, par les rivières et les lacs, à travers la forêt primitive et les solitudes sauvages. Il découvrit le lac Champlain, qui reçut son nom par la suite, et sur ses bords rencontra les Iroquois en ordre de bataille. C'était une scène d’un effet pittoresque. Voyez-vous, au centre de ces masses de verdure datant de plusieurs siècles, la civilisation de l’Europe envisagée pour la première fois par la sauvagerie la plus relevée de l'Amérique? Champlain, avec s2 cuirasse d'acier, son casque à plumes, son arquebuse à mêche dans la main, sabre au côté, et le petit groupe de ses adhérents derrière lui, attendant en silence l'attaque de deux cents des plus forts, des plus grands et des plus vaillants Sauvages du Nouveau-Monde! Le cri de guerre des indigènes provoqua la décharge de l'arme à feu du chef français qui tua ou blessa trois guerriers à la fois. Cet emploi de la foudre contre ses ennemis dépassait la conception superstitieuse de ces pauvres peuples, aussi prirent-ils la fuite avec pré:ipitation. Plusieurs furent tués, d’autres fait prisonniers et Champlain, pour la première fois, contempla les tortures dont il avait probablement entendu parler et

que les Algonquins s'empressèrent d'infliger à leurs victimes.

L'année suivante, il fit un autre voyage et se rendit à l'entrée de la rivière Richelieu, où il défit un rassemblement d’Iroquois placé en dedans d'une barricade qu'il fallut emporter de force. En 1613, le hardi pionnier, avec seulement cinq compagnons dans deux petits canots, exécuta un long exploit de découvertes. Il franchit avec difficulté le portage du Long Sault, celui des rapides de Carillon, vogua sur l’Ottawa jusque aux chutes de Rideau, la cataracte bouillonnante de la Chaudière et parvint à l’île des Allumettes où il fit un certain séjour avant que de retourner sur ses pas. Autour de lui s'étendaient de vastes régions inconnues silencieuses comme toutes les scènes de la nature à l’état primitif. Champlain avait beaucoup d'imagination et nourrissait de grandes espérances mais, dans toutes ses visions d'un chemin qui conduit au royaume de la soie et des épices de l'extrême Orient, il. ne pouvait prévoir que, un jour, la région où il se trouvait deviendrait le site d'un magnifique palais législatif et le siège du gouvernement d’un grand pays anglais. Deux ans plus tard, il organisa uue autre expédition contre les Iroquois et, cette fois, se rendit plus loin sur l'Ottawa jusqu’ à la rivière Mattawa par laquelle il atteignit le portage du lac Nipissing et descendit ensuite la rivière dite des Français qui se décharge dans le vaste lac Huron. Sur les bords de la baie Georgienne qui forme un profond renfoncement du lac, il réunit une troupe de Sauvages venus des villages fortifiés de la nation huronne qi occupaient alors les plaines ondulées et fertiles du futur comté de Simcoe.

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