‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 34 sur 289 · UN CARACTERE SINGULIEREMENT COMPLEXE · texte numérisé non relu

UN CARACTERE SINGULIEREMENT COMPLEXE

Pourtant, il y avait beaucoup à admirer, à considérer, à respecter dans ces sauvages possesseurs des solitudes primitives de l'Amérique

et en somme, de toutes les races aborigènes les Indiens*

+ Appelés ainsi d’après la croyance où était Colomb que les indigènes de San Salvador étaient € mille de ceux des Grandes Indes,

jamais s mais tiques e lutte tré par ni des s qu'il s mille orique elures ée des ourant

ps et ous Îa le cas oquois issionparmi

specter Lérique

e de ceux

nous apparaissent à la fois les plus pittoresques et les plus dignes d'attention.

L'existence de l’homme rouge était remplie de contrastes, son caractère avait une singulière complexité. La cruauté envers son ennemi était combinée chez lui avec une indifférence stoïque envers la torture ou la douleur lorsqu'il y était soumis. La trahison à la guerre allait de soi, néanmoins sa fidélité à l’ égard des amis était une qualité dont la force ne se rencontre pas toujours dans les rangs de la civilisation chrétienne. Sa fierté personnelle devenait parfois si grande qu’elle tournait en un amour-propre insensé, et par contre, en certains moments, il s’ abaissait jusqu’ au plus humble degré. Il se maîtrisait au point d'obtenir un contrôle quasi héroïque sur lui-même, puis il s'oubliait en éruptions de colère et de folle rage.

On le voyait à la fois glacé et dur, sans relâche dans l’action, passionné et plein de désirs de vengeance. Il était ignorant et superstitir ux par nature, à un point extrême, toutefois pénétrant et d’une pensée vive qui n’a pas son parallèle dans les temps modernes. Il traitait les femmes comme font tous les sauvages, et se considérait comme bien supérieur aux nécessités du travail ou de la servitude. À lui était réservées les occupations seigneuriales de la chasse, les gloires théâtrales de la guerre, la victoire physique sur les tortures qu'il s'imposait dès la jeunesse et les privations endurées dans les solitudes, le sentier de la guerre, une fois devenu homme. Enfin il était un être moral au dessus de tout et ne fut jamais coupable de ces faiblesses, de ce bas vice qui marqua et détruisit le caractère des anciens Romains, en laissant une profonde empreinte sur la France moderne et les grandes villes de notre civilisation.

Page 1