‹ Histoire populaire du Canada [microforme]Chapitre 38 sur 289 · MASSACRE DE LACHINE · texte numérisé non relu

MASSACRE DE LACHINE

La vengeance devenait désormais un objet impérieux pour l’Iroquois; ses chefs résolurent de l'exercer d'une manière mémorable. Il y eut d'abord plusieurs mois d'inactivité apparente et de silence, puis la foudre éclata. La nuit du 4 août 1680, quinze cents sauvages se répandirent dàns le village et les environs de Lachine, situé dans la partie supérieure de l’île de Montréal et firent main basse sur tout ce qu'ils rencontrèrent—au milieu d'une furieuse tempête qui n’étouffait pas cependant les cris des victimes et les hurlements des vainqueurs. Ilfaut jeter un voile sur cette scène de meurtres, de tortures et d’abominations. La garnison de Montréal en fut paralysée ; toute la Nouvelle-France se trouva plongée dans l'horreur et le désespoi C'est alors que :evint avec son ancien prestige et pour l'honneur nom français, la sureté au pays, le plus grand de ses premie eurs, le sage, vaillant, impitoyable comte de Frontenac.

Il conçut l'idée de frapper les Iroquois en attaquant les Angle s. Trois expéditions s’organisèrent secrètement à Québec, Trois-Rivières et Montréal, et partirent inaperçues dans les directions de Schenectady (Etat de New York), Salmon Falls dans le Maine, et autres endroits. On employa des Sauvages alliés dans ces expéditions qui eurent du succès ; les habitudes de massacres de ces peuples ne firent pas défaut. Les Iroquois se tinrent tranquilles par suite de ces coups hardis, redoutant le courage et la politique de Frontenac qu'ils avaient très vite reconnus lors de son premier gouvernement. En 1692 il se produisit un fait qui tranche comme un rayon de lumière à travers un

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