MORT DU GENERAL WOLFE SUR LES PLAINES D'ABRAHAM
Le mémorable siège qui amena la prise de Québec en 1759 termina virtuellement la | ne succession des luttes entre la France et l'Angleterre pour la possession du continent d'Amérique. Les deux généraux, Montcalm et Wolfe, y perdirent la vie et laissèrent des noms if
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“ Nous ne pouvons espérer,” écrit Ragueneau dans les Ae/aions,
parlant du Père Daniel, son frère de peine et de tribulation, “ de le
suivre dans ce chemin brulant où il a passé, mais nous sommes prêts
à souffrir pour la gloire du Maître que rous servons.”
La mission à Sainte-Marie était assez forte pour résister à
l'attaque de l'ennemi, et elle survécut. Mais, seule, dans un lieu
devenu désert, et avec une partie de ses membres dispersés et fuy-
ants par petits groupes vers le pays qui s'étend du lac Huron, au
Saint-Laurent et Québec, elle était presque d'aucune utilité. Finale-
ment, on s'établit sur une île dans la baie Georgienne, mais les
Iroquois s’y portèrent, et la mission se vit menacée de la famine ; ce
dernier centre du christianisme dut alors se réfugier vers Québec.
Ainsi se termine une des belles pages de l'histoire de la Société de
Jésus. Un autre chapitre, non moins éminent, commença. Depuis
longtemps les Jésuites désiraient établir une mission parmi les Iro-
quois. Ceux-là croyaient qu'en agissant ainsi ils rendraient service
à l'Etat et à l'Eglise ; ils espéraient aussi, avec le temps, améliorer la
situation et rendre moins féroce le caractère sauvage.
Quelques années après l’extirpation des Hurons, et durant une
brève périoge de paix, cette permission fut accordée. Les Pères Le
Moyne, Chaumonot et Dablon établirent une mission dans le pays des
Onondagas, et y poursuivirent leur œuvre au milieu de mille dan-
gers, ne sachant pas à quel moment la vie leur serait enlevée par les
sauvages.
Finalement, ils découvrirent un complot visant à leur
destruction, puis le soulèvement simultané des Cinq-Nations et l’ané-
antissement des Français dans le Saint-Laurent. Ce petit groupe
d'hommes blancs échappèrent au malheur par une fine ruse, qui, aux
yeux des Sauvages parût être un miracle: l'entreprise courageuse de ces
prêtres dévoués avait ainsi échouée. Cependant, en moins de dix ans,
ils avaient gagné du teriain et ils voyagaient, allant et venant, avec
une immunité dûe au respect qu'inspiraient leurs personnes leurs leçons.
So MISSIONS DES JESUITES PIONNIERS DU CHRISTIANISME
Les Jésuites, les Récollets et les prêtres du séminaire de Québec se portèrent vers d’autres régions, pénétrèrent des endroits où même les plus audacieux commerçants de fourrures craignaient de s'aventurer. Les prêtres jésuites ouvrirent le chemin, à l'influence française et à l'instruction chrétienne, au nord du lac Supérieur, et depuis les Illinois jusqu'au lac Winnipeg. Ils établirent des missions au Sault Sainte-Marie et au lointain Michillimackinac; partout, ils donnèrent un éclat et une grande renommée à leur institution. Telle fut la fondation du catholicisme romain en Canada.
L'effet qu'il produisit sur les Sauvages et sur les habitants français fut tout à fait étrange et curieusement différent. Bien variés en effet furent les résultats de cet héroïsme déployé dans cette contrée sauvage et les efforts du gouvernement de la nrovince. Une influence s'employait pour la paix, mais, trop souv':nt aussi, l’autre causait la discorde. Toutes deux, cependant, exerçaient un grand pouvoir dans le développement du pays, soit du côt‘ des sauvages ou parmi les peuplades civilisées. Jusqu'en 1658 les Jésuites contrôlaient, pratiquement, les affaires spirituelles de la colonie ; leurs travaux tenaient largement du missionnaire. Il y avait peu d'organisation ecclésiastique, et pas de hiérarchie. Mais, dans cette année là, François de Laval de Montmorency, abbé de Montigny, en France, fut consacré évêque de Pétrée et vicaire apostolique de la Nouvelle-France.
TROIS GRANDS EUCLESIASTIQUES.
De l'année suivante jusqu'en 1688, et de 1692 jusqu’à sa mort arrivée en 1708, ce travailleur ardent, ce prélat dévoné, mit toute son énergie, ses biens et sa vie, à l'établissement et à l'extension de son Eglise. Né d'une grande famille, et possédant considérablement de russources pécunières, ces avantages et le prestige de sa position ecclésiastique, le mettaient éminemment en vue, Mer. de Laval fit
usage de ces élements avec une trempe de caractère remarauable et
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avec un immense zèle religieux dans la gouverne de la colonie, pour le bien de cette dernière et de l'Eglise.
Le bien-être de l'Etat, était pour cet homme intimement lié à celui de l'Eglise. Il n’est que naturel qu'un homme d’un caractère aussi dominateur, occupant la position d'évêque de Québec—siège auquel il avait été formellement nommé en 1674, et qui comprenait presque tout le nord de l’Amérique—dut quelquefois en venir aux prises avec le pouvoir civil Ceci arriva avec de Frontenac, homme d'un tempérament singulier et marquant parmi les siens ; l'évêque déjà avancés en âge se rendit en France, et le roi donna son assentiment aux efforts que celui-là ne cessait de faire pour supprimer le trafic des boissons aux sauvages. D'autre différends surgirent au sujet du conseil souverain que cet évêque voulait subordonner à luimême et non au gouverneur. Il eut aussi des disputes avec des membres éminents de son clergé, et ce n'était là que le résultat inévitable de son esprit dominateur. Comme ses humbles prédécesseurs de l'ordre de la société de Jésus, pour lui les distances, les dangers ou les privations n'avaient rien de terrifiant. Il voyageait depuis les mission. de l’Acadie jusqu’à la lointaine vallée du lac Champlain et les régions sauvages des grands lacs, orgarisant partout, inspirant ses prêtres et ses adhérents d’une énergie et d’un enthousiasme nouveaux.
Il fonda à Québec, en 1663, le grand séminaire et cinq ans plus tard le petit séminaire, deux institutions qui produisirent une phalange de prêtres dévoués. À cette époque un bon nombre d'institutions religieuses agrandirent le pouvoir de l'Eglise à Montréal et à Québec. Parmi celles-ci on comptait les Sulpiciens, à Montréal, les Jésuites —et les Récollets à Québec ; le couvent des Ursulines à ce dernier endroit, institution qui partagea les dangers des premiers et qui était placée sous la charge de la vénérée madame de la Peltrie et la mère Marie de l’'ncarnation; la congrégation des filles de Notre-Dame, à Montréal, sous le contrôle de Marguerite Bourgeois ; l'Hôtel-Dieu, construit
à Québec, don de la duchesse d’Aiïguillon, et une institution du même genre, à Montréal, établie par mademoiselle Mance et madame de Bouillon. Ces institutions auxquelles l'évêque portait une vive attention, dirigées par des femmes héroïques inspirées des sentiments du devoir, prospérèrent de plus en plus, et furent d'un immense service pour les colons courbés sous le poids des fatigues, pour les malades et tous ceux qui manquaient de force et de courage.
Bref, ce fut là l'œuvre et le caractère du Père de l'Eglise dans la Nouvelle - France. Une longue lignée d'hommes plus ou moins capables lui succédèrent. Mgr. Jean-Baptiste de Saint-Vallier, qui eut à sa disposition d'immenses sommes pour fonder et aider des institutions religieuses. Mgr. de Pontbriand, le fondateur de l'Hopital des Sœurs-Grises, à Montréal ; il vit les ruines fumantes de sa cathédrale, à Québer, lors du siège de 1759. Mgr, Jean-Olivier Briand, qui eut à faire face à de nouvelles conditions par suite de la conquête du pays; dans l'exercice de ses fonctions il dut se servir de moyens diplomatiques et favoriser une conciliation de races, et exercer beaucoup de discrétion en matières religieuses. Mgr. Joseph- Octave Plessis, après le fondateur de l'Eglise du Canada, fut le plus grand ecclésiastique catholique français, le plus loyal et le meilleur administrateur.
Il comprit et étudia plus que tout autre homme la cause du renversement des Français en Canada; son esprit clair lui faisait apprécier la liberté et le développement que le nouveau régime apportait. Il fonda des :ollèg:s et des écoies, fit partie du conseil législatif et y prit une part activer. En 1816, i! visita l'Angleterre et Rome, et réussit finalement à obtenir que la vill: de Québec devint le siège central de l'Eglise avec des suffragants ou vicaires apustoliques à Kingston, sur le Haut-Canad?, à la Rivière-Rouge dans le grand nord, à Montréal et dans la Nouvelle-Ecosse. Il mourut en 1225, après avoir administré durant dix-neuf ans, et fait revivre les fruits que le
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travail de Mgr. de Laval avait produits Sur un vaste territoire primitivement parcouru par les Pères jésuites, il étendit l'organisation de son diocèse,
Durant ce temps, l'Eglise ne fut pas ingrate envers l'Angleterre en retour de la tolérance et de la liberté que celle-ci avait accordées lors de la conquête. Un mandement de Mgr. Briand parut en 1775, denonçant le ‘“ dessein pernicieux ” des envahisseurs sous Montgomery et Arnold, louant la magnanimité et la bienfaisance du roi envers ses sujets français, encourageant la population à la défense des ses demeures, des frontières et des intérêts religieux contre les troupes américaines. Pendant les troubles précédent la guerre de 1812, Mgr. Plessis prit un parti plus ferme encore; dans un mandement long et éloquent reposant sur le principe religieux “Craignez Dieu et honorez le roi,” parut le 16 septembre 1807, il adhéra avec force au principe de la loyauté à la Grande-Bretagne, dénonçant tout individu qui refuserait de porter les armes contre l’invasion des américains, comme étant indignes du nom de catholique ou de canadien. Plus tard, lorsque des émissaires américains excitaient le peuple par des promesses sur les avantages que leur offrait la liberté républicaine, il fit paraître une lettre, aussi concise que rigoureuse, donnant instructions à tous les curés de son diocèse d’inculquer la loyauté à leurs ouailles. De tout ceci, il resulta que le pouvoir et l'influence de l'Eglise furent très en vue, de 1775 à 1812.