RIVALITE ET GUERRE DE CENT ANS
Au cours de la longue série d’expéditions militaires que nous qualifions ici de guerre de cent ans, on a vu, engagés dans ces confits, les colons de la Nouvelle-France contre ceux des côtes de la Nouvelle- Angleterre; parfois c'étaient les rivages du Canada qui subissaient l'invasion, ou encore, la guerre prenait sa course dévastatrice vers l'Ohio et le Mississippi, en d’autres occasions l'artillerie anglaise tonnait sous les remparts de Québec ; ailleurs on entendait la marche hardie des milices de la Nouvelle-Angleterre le long des grand Lacs ; parfois les hostilités éclataient comme un coup de tonnerre dans un ciel pur alors que les deux couronnes étaient en paix; enfin, le cri de guerre du Sauvage s'élevait en faveur d’un parti, et même des deux côtés simultanément, de sorte que le couteau à scalper menaçait les
demeures des Français comme celles des Anglais. Partout et en tout temps, l'objectif principal fut la possession du continent.
Le drapeau d’Albion et celui de la France
Brillaient à tour de rôle et s’enlevaient la chance,
Cette rivalité était inévitable ; la lutte fut acharnée, les tiraillements diplomatiques ou à main armée continuels; on n'en saisissait pas les résultats, et l'importance de ces événements était mal comprise. De fait, à une certaine époque, il ne pouvait y avoir là dessus que de l'incertitude. Les marins et navigateurs français étaient aussi braves, aussi enthousiastes et déterminés que ceux de l'Angleterre; Cartier, Champlain, de Monts, Poutrincourt, se comparent aisément avec Kirke, Alexander, Gilbert et Raleigh. Les hommes tels que Drake et Frobisher ne s'attachaient guères à la colonisation et préféraient détruire une ville espagnole ou capturer un bâtiment français dans les mers du sud plutôt que de fonder une bourgade quelconque ou de planter une colonie dans le nord. Les rois de France vacillants seront l'intérêt du jour entre la Nouvelle-France et l’Acadie, firent néanmoins beaucoup plus que la cour de Londres pour aider et encourager les jeunes colonies.