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MISERES DE LA VIE DU PIONNIER

Les principaux centre des ces colonies étaient certaines parties du Haut-Canada, la grande et sauvage région immédiatement à l’ouest du Québec canadien-français commençait alors à être appelée ‘ Les Cantons de l'Est” de la province actuelle de Québec, et ce qui fut plus tard la province du Nouveau-Brunswick. Les autres provinces maritimes en reçurent aussi un nombre considérable. Dans une grande mesure, l'expérience d'une famille ou d'une groupe de colons

fut l'expérience de tous. Des cabanes de bois rond, construites dans la solitude, avec une seule chambre et une seule fenêtre, étaient leurs habitations; de grossiers vêtements, de filasse de chanvre, ou faits avec les peaux des animaux, les couvraient—entremélés, en de rares i occasions, avec les series, les dentelles, les volants et les couleurs voyantes qui avaient peut-être brillé dans une cour coloniale ou orné les salons d'un manoir colonial. Les meubles étaient faits du bois rudement taillé par la hache inhabile du pionnier. La tâche de se procurer assez de maïs et de riz sauvage pour tromper la faim et | entretenir la vie fut pendant quelque temps la principale occupation. Ils étaient entourés des animaux sauvages de la forêt-—des loups, des | ours et des lynx. En hiver ils souffraient toujours beaucoup du froid incessant, auquel ils étaient peu habitués, et de la neige et de la glace qui semblaient être en quantités illimitées et qui paralysaient toute leur énergie. Cette dernière condition isolait aussi leurs habitations

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jusqu’à ce que, en des jours plus heureux, des chevaux et des traineaux vinrent leur aider à supporter leur vie solitaire. Ils n'étaient pas absolument malheureux. Ils tenaient beaucoup aux principes qui | les avaient chassés dans la forêt, et dans plus d’une cabane de bois rond, | faiblement éclairée par la flamme d’un foyer fumant, on entendait le 4 chant vespéral du ‘“ God Save The King” et l'expression de l'espoir que leurs privations et leurs travaux finiraient peut-être par établir un Etat plus grand et plus puissant que celui qu'ils avaient quitté. Un grand pays que le soleil inonde, Riche et fertile, ouvert au laboureur \ Futur grenier pour le reste du monde, F Terre bénie de paix et de bonheur ; Séjour heureux de liberté féconde 5 De cœurs loyaux, croyants, remplis d’ardeur.* 6 Autant que possible ils s'étaient établis par groupes, et s’aidaient les une les autres dans les tâches primitives et ardues qui

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# Vers de William Kirby de Niagara.

consistaient à défricher la forêt et à couper le bois en billots—avec des haches peu convenables pour ce travail et avec des résultats qui ne convenaient guère mieux aux cabanes grossières qu'ils étaient obligés de construire pour se mettre à l'abri. Durant de longues années, il n'y eut ni villages, ni magasins, ni journaux, ni chemins, ni églises, ni écoles, ni aucun des autres avantages de la civilisation auxquels ils avaient été accoutumés. Ceux d'entre eux qui eussent pu se livrer à d’autres occupations que la culture ou le défrichement, ou qui étaient habitués aux travaux industriels et auraient pu faire quelque travail propre à procurer certaines commodités aux pionniers, étaient empêchés de le faire par la dure nécessité de demander au sol leur nourriture. La condition primitive de l'humanité, la conception encore sauvage de la vie, dans beaucoup de pays, offrait ici un exemple de sa forme la plus rudimentaire; et l'implacable nécessité de l'existence était d'obtenir durant l'été des vivres en quantité suffisante pour durer pendant tout le long et cruel hiver. Quoiqu'il soit, il y eut disette dans le Haut-Canada en 1787- 88, et les souffrances de la faim vinrent s'ajouter aux misères du froid et aux dangers provenant de la présence des animaux sauvages auprès des habitations. La farine de maïs était distribuée par cuillerées, la graine de millet remplaçait la farine de blé, le son de blé était apprécié à une haute valeur, les noix broyées étaient recherchées et mangées. De l’avoine bouillie et même des écorces et des feuilles de bouleaux étaint dévorées. On prenait du gibier et du poisson, mais cela n'arrivait pas très fréquemment, et on était obligé de le manger sans sel ; le thé et le sucre furent inconnus durant des années—jusqu'à ce que ce dernier fut remplacé par le sucre et le sirop d'érable.

Cette année fut cependant celle où l’on eut à souffrir le plus de privation et des misères. À partir de ce temps, les progrès furent certains et continus. Il arriva d’autres colons, et, par la suite des

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temps, un grand nombre de reux qui étaient appelés ‘“ Loyalistes de date récente ’—des Américains qui étaient loyaux dans l'âme mais qui avaient réussi à ne pas se rendre publiquement odieux aux Continentaux. Ils tirèrent parti des divers défrichemenits, et traversèrent la frontière en énormes caravanes avec leurs familles, leurs troupeaux et les conforts du ménage. De 1702 à 1706, le lieutenant gouverneur J. Grave Simcoe, du Haut-Canada, encouragea ce genre d'immigration, donna aux nouveaux colons, de grandes concessions et fit tout ce qu’il put pour favoriser une affluence encore plus considérabie de population. Gradueileinent l'augmentation de ce mouvemerc migratoire produisit son effet sur l'isolement des pionniers et sur [e manque de confort de leur fo''ers. Des occupations plus variées devinrent pcssibles. Des menuisiers et des peintres, des co-donniers et des constructeurs de moulins fondèrent leurs industries De meilleurs maisons furent construites, les moulins devinrent de plus en plus nombreux, de petits magasins géaéraux firent ouverts, leurs marchandises leur étant apportées par voie fluviale de Québec, à des centaines de milles de distance, radis que, nar-dessus tout, Îles routes militaires furent construites sous Ja direction “e l’énergique et prévovan: Simcoe, ces routes partaient de son vill:ge-capitale d'York (Toronto) :t se d'r'zeaient de divers côtés. Enfin, on allait pouvoir de ruuveau se procurer des bêtes à cornes et des chevaux, et les clochettes des traireaux des colüns sonnaient en hiver à travers les silencieuses forêts Jorsqu’ils se rendaient d’une maison à l’autre. Des écoles de bois rond furent construites và et li, elles étaient fréquentées par üne misérable marmaille perchée sur de hauts sièges sans dossier, les jambes pendantes; ces enfants re.evaient l'instruction d’un instituteur ambulant, du type le pius rudimentaire et le plus grossier. Le progrès fnt nécessairement lent mais il était assuré. À mesure que les années s'écoulaient, jusqu’à la période de l’année 1812-15, alors que

leur courage ct leur loyauté devaient être mis à l'épreuve, un grand

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