AU
établissait un conseil législatif, espèce de gouvernement régulier dans lequel les catholiques pou-
vaient être admis.
Pour apprécier à sa juste valeur cette marque de bienveillance extraordinaire de la nouvelle
mère-patrie, il ne faut pas oublier que les colonies
de la Nouvelle-Angleterre (appelées depuis les Etats-Unis) étaient au début de cette célèbre révolution connue sous le nom de révolution amé-
ricaine, qui devait se terminer par la conquête de
leur indépendance.
L’Angleterre jugea qu'elle en avait assez sur
les bras ; elle comprit qu'il était temps de s’assurer
le bon vouloir des Canadiens-Français, dont elle
il allait avoir un si grand besoin dans la lutte qui
allait commencer.
Ces révisions se confirmérent, au moins en ,
artie ; les habitants, voyant u’on se décidait
enfin, à leur rendre justice, restèrent fidèles à la
couronne d'Angleterre, et refusèrent les offres
pleines de séduisantes promesses que leur fit à
maintes reprises le congrès américaii. Tout ce
que l’on put obtenir du plus grand nombre, cepen-
dant, grâce à l'influence du clergé et de la classe
instruite, fut qu'ils observeraient une stricte neu-
que tralité, ce qui n'empêcha pas plusieurs d’entre
eux de faire cause commune avec les Américains.
s en dait, à la ffres fit à t ce penlasse neuentre ains.
On a attribué à une foule de raisons le peu de zèle que les Canadiens-Français manifestèrent pour la défense du pays lors de l'invasion de 1775 ; mais après une lecture attentive des documents écrits à cette époque, il me paraît évident que leur mécontentement, ainsi que leur abstention, fut due à des causes multiples.
En premier lieu, le drapeau anglais était loin d’être en grande vénération ; et, malgré la justice tardive qu'ils venaient d'obtenir par l'acte de 1774, le souvenir des criantes injustices auxquelles ils avaient été jusque-là en butte était trop récent, pour que ces cœurs bons et généreux, mais très
sensibles, n’en conservassent pas un amer souvenir.
En outre, vos pères avaient devant les yeux le triste exemple d'une foule d'Anglais de Québec et de Montréal qui, de la manière la plus ouverte, au vû et au sû de Carleton lui-même, ne se génaient nullemént de faire une propagande active en faveur de l'insurrection américaine.
Pour bien se rendre compte des motifs qui animaient le petit nombre d'anglais fixés alors dans la colonie, il faut se rappeler qu'autant l’Acte de Québec, qui établissait le conseil législatif, avait satisfait aux légitimes exigences des Canadiens- Français, autant il avait causé de déplaisir aux