‹ Histoire populaire du Canada ou Entretiens de Madame Genest à ses petits-enfants [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 43 · AU · texte numérisé non relu

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établissait un conseil législatif, espèce de gouvernement régulier dans lequel les catholiques pou-

vaient être admis.

Pour apprécier à sa juste valeur cette marque de bienveillance extraordinaire de la nouvelle

mère-patrie, il ne faut pas oublier que les colonies

de la Nouvelle-Angleterre (appelées depuis les Etats-Unis) étaient au début de cette célèbre révolution connue sous le nom de révolution amé-

ricaine, qui devait se terminer par la conquête de

leur indépendance.

L’Angleterre jugea qu'elle en avait assez sur

les bras ; elle comprit qu'il était temps de s’assurer

le bon vouloir des Canadiens-Français, dont elle

il allait avoir un si grand besoin dans la lutte qui

allait commencer.

Ces révisions se confirmérent, au moins en ,

artie ; les habitants, voyant u’on se décidait

enfin, à leur rendre justice, restèrent fidèles à la

couronne d'Angleterre, et refusèrent les offres

pleines de séduisantes promesses que leur fit à

maintes reprises le congrès américaii. Tout ce

que l’on put obtenir du plus grand nombre, cepen-

dant, grâce à l'influence du clergé et de la classe

instruite, fut qu'ils observeraient une stricte neu-

que tralité, ce qui n'empêcha pas plusieurs d’entre

eux de faire cause commune avec les Américains.

s en dait, à la ffres fit à t ce penlasse neuentre ains.

On a attribué à une foule de raisons le peu de zèle que les Canadiens-Français manifestèrent pour la défense du pays lors de l'invasion de 1775 ; mais après une lecture attentive des documents écrits à cette époque, il me paraît évident que leur mécontentement, ainsi que leur abstention, fut due à des causes multiples.

En premier lieu, le drapeau anglais était loin d’être en grande vénération ; et, malgré la justice tardive qu'ils venaient d'obtenir par l'acte de 1774, le souvenir des criantes injustices auxquelles ils avaient été jusque-là en butte était trop récent, pour que ces cœurs bons et généreux, mais très

sensibles, n’en conservassent pas un amer souvenir.

En outre, vos pères avaient devant les yeux le triste exemple d'une foule d'Anglais de Québec et de Montréal qui, de la manière la plus ouverte, au vû et au sû de Carleton lui-même, ne se génaient nullemént de faire une propagande active en faveur de l'insurrection américaine.

Pour bien se rendre compte des motifs qui animaient le petit nombre d'anglais fixés alors dans la colonie, il faut se rappeler qu'autant l’Acte de Québec, qui établissait le conseil législatif, avait satisfait aux légitimes exigences des Canadiens- Français, autant il avait causé de déplaisir aux

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