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sans difformités, très dispos. Les femmes se frottent la peau avec certaines peintures qui leur donnent une couleur jaunâtre. Ils s’habillent avec des peaux, et notamment, pendant l'hiver, avec des peaux d'élans, de loutres, de castors, d'ours, de loups-marins, de cerfs et de biches qui abondent en ce pays. L'hiver, quand l'épaisseur de la neige est considérable, ils attachent sous leurs pieds une espèce de raquettes qui leur permettent d’aller et venir sans enfoncer ; sans cela ils ne pourraient aller à la chasse ni voyager.
“Pour ce qui est de leurs enterrements, quand un homme ou une femme meurt, ils font une fosse dans laquelle ils jettent une foule de choses, telles que chaudières, fourrures, haches, arcs, flèches, robes, etc. Ensuite ils mettent le corps dans la fosse et le recouvrent de terre. Sur cette terre ils mettent un grand nombre de grosses pièces de bois, et en disposent une debout dont ils peignent l'extrémité supérieure en rouge. Ils croient à l'immortalité des âmes, et disent que les morts vont se réjouir en d’autres pays avec leurs parents morts avant eux....
“ Ils sont fort craintifs, et ont une grande peur de leurs ennemis, au point qu’en quelque lieu qu’ils soient, ils ne dorment presque point en repos.”
Obligé de vivre au milieu de pareilles tribus, Champlain ne pouvait rester longtemps en paix ; aussi, dès l’année 1609, un an aprè® son arrivée
à Québec, se vit-il obligé de prendre part a une
guerre que les Montagnais, les Algonquins et les Hurons entreprirent contre leurs ennemis jurés, les Iroquois. En assumant les risques d’une pareille entreprise, Champlain croyait s'attacher les peuplades au milieu desquelles il demeurait.
Le départ de l'armée eut lieu à Québec, le 28 mai. Voici en quels termes Champlain rapporte les détails du combat qui fut livré sur les bords du lac Saint-Sacrement.
“Le soir étant venu, nous nous embarquâmes dans nos canots pour continuer notre chemin ; et comme nous allions fort doucement et sans faire dé bruit, le 29 du mois, sur les dix heures du soir, nous fimes rencontre des Iroquois au bout d’un cap. Îe chaque côté, l'on poussa de grands: cris, chacun se parant de ses armes. Nous nous retirâmes vers l'eau. Les iroquois, de leur côté, mirent pied à terre, et arrangèrent leurs canots les uns contre les autres, et commencèrent à abattre des arbres à l’aide desquels ils se barricadèrent fort bien.
* Dès que les nôtres furent armés et mis en
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ibus, ordre, ils envoyèrent deux canots vers les ennemis aix ; pour leur demander s'ils voulaient combattre ; à. rivée quoi les ennemi répondirent qu'ils ne désiraient une rien autre chose, mais que, l'heure étant très : les avancée, ils désiraient attendre le lever du soleil irés, afin de pouvoir se connaître. Les. nôtres accéeille dèrent à cette proposition.” Jeu- Toute la nuit se passa, des deux côtés, en danses et chansons, sans compter les injures de 38 toute espèce lancées d’un camp à l’autre.
rte 2 rds Le jour venu, Champlain et les deux Français qui l'accompagnaient se tinrent soigneusement cachés, afin de n'être vus de l’ennemi qu'au movr ment du combat.
et ire “ Alors, dit Champlain, je vis sortir les ennemis Dir, de ieur barricade, au nombre de 200 hommes à un peu près, tous forts et robustes ; ils s’avancèrent : is, au petit pas, au-devant de nous, avec assurance et ti- gravité. À leur tête étaient trois chefs reconnaist sables à ieurs grands panaches ornés de grandes s plumes.
7 “De notre côté, nous nous avancions aussi vers rt
eux, lorsque, parvenue à quelques centaines de pas
des ennemis, notre armée s’ouvrit en deux pour me
livrer passage. J'allai me mettre à sa tête, à une