‹ Histoire populaire du Canada, ou, Entretiens de madame Genest à ses petits-enfants [microforme]Chapitre 6 sur 22 · HISYOIRE POPULAIRE DU CA)'ADA · texte numérisé non relu

HISYOIRE POPULAIRE DU CA)'ADA

seaux, quittait la baie de Gaspé et remoniait le fleuve jusqu'à la Pointe-des-Monts. Rendu là, sur l'avis de ses compagnons de voyage, il rebroussa chemin et retourna en France.

L'annfe suivante (1535), par les ordres de François Ie’, Cartier entreprit son deuxième voyage, d£ is le dessein de reconnaître et d'explorer ce grard pays qu'il venait de découvrir.

En ordonnant cette deuxième expédition, François 1er avait surtout un objet en vue : faire pénétrer les lumières de l'Évangile parmi ls peuplade: sauvages de l’Amériqu: du Nord, et les convertir au catholicisme.

Voici en quels termes Cartier raconte son départ de Saint-Malo :

«Le dimanche, jour et fête de la Pentecôte, seizième jour de mai, en l’an mil ci. cent trente-cinq, d’après le commandement du capitaine (Cartier), et avec le bon vouloir de tous, chacun se confessa, et nous recumes tous ensemble notre Créateur en l'église cathédiale de Saint- Malo. Après cela, nous fûmes nous présenter an chœur de la dite église devant le révérend père en Dieu, monsieur de Saint-Malo (l'évêque), lequel, en son état épiscopal, nous donna sa bénédiction.

» Le mercredi suivant, le dix-neuvième jour de mai, le vent devint bon et convenable, et nous appareillâmes avec trois navires, à savoir : la grande Hermine, du port d'environ cent vingt tonneaux, à bord de laquelle prit passage le capitaine général (c’est-à-dire Cartier). Le second navire, nommé la petite Hermine, était du port d'environ soixante tonneaux; le troisième, l'Émerillon, était du port de quarante tonneaux ».

Afin de vous donner, mes enfants, une idée plus exacte des dimensions de ces bâtiments, et, par là même, de l'intrépidité de ces hardis marins, figurez-vous que le tonnage de la petite Hermine et de l'Émerillon ne dépassait guère celui des goëlettes chargées de bois qui passent tous les jours sous vos yeux, et qui viennent de la baie Saint-Paul ou du Saguenay en route pour Québec.

La traversée fut longue et orageuse. «Nous naviguâmes, dit Cartier, avec bon temps jusqu'au 20 du dit mois, que le temps se tourna en colëre et tourmente, avec vents

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contraires et tempêtes si fortes, que jamais navires qui ont passé ja mer n'en ont enduré de pires : tellement que le vingt-cinquième jour de juin les trois vaisseaux se perdirent de vue, et n’eurent des nouvelles les uns des autres que lorsqu'ils furent rendus à la terre neuve (c'està-dire à lanc-Saklon), où rendez-vous avait ét’ donné ».

En remontant le fleuve, Cartier donna différents noms aux lieux qu'il découvrit. Parmi ces noms quelquesuns ont été conservés jusqu’à nos jours, celui de l’Ileaux-Coudres, en particulier. La plupart. cependant, ont été changés depuis. Ainsi il donna le nom d'Iles-Rondes aux Îles connues aujourd’hui sous le nom de Sept-Iles, celui d’Ile-de-Bacchus à l'île d'Orléans, celui d'’Ile-del’Assomption à l'île d’Anticosti.

Sur les deux rives du fleuve Cartier vit, dispersées çà et là, quelques huttes ou cabanes d’écorce habitées par des sauvages, dont l'unique occupation était de faire la pêche. Il fit connaissan-e avec eux à l’aide de Taignoagny et de Domagaya, qu'il ramenait avec lui, et qui avaient appris la langue française assez bien Pour pouvoir servir d'interprètes.

Une fois rendu :, l'extrémité orien!1le de l'Ile-d’Orléans, c'est-à-dire, vis-à-vis de la pointe nord de Saint-François, et à peu près en face du cap Tourmente, Cartier reçut la première visite de Donnacona, le chef de la bourgade Sauvage de Stadaconé; Stadaconé n'était autre chose que le Québec d'aujourd'hui.

« Le seigneur du Canada, dit Cartier, dont le nom est Donnacona, et dont le titre sauvage est agouharna (ou chef), vint avec douze barques, accompagné de plusieurs gens, devant nos navires. Ayant laissé dix de ses barques en arrière, il! s’'approcha de nous avec deux seulement et accompagné de seize hommes ; et le dit agouhanna commença à faire une prédication et un prêchement à leur mode, en démenant son corps et ses membres d'une manière merveilleuse, ce qui est une façon de montrer leur joie et assurance, et lorsqu'il fut arrivé au navire principal où étaient les dits Taignoagny et son compagnon, le dit seigneur leur parla, et eux lui répondirent et comn Aacèrent à lui raconter ce qu'ils avaient vu en France, et le bon traitement qui leur avait été fait; ce qui le rendit fort joyeux. Puis il pria notre capitaine de Jui

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