‹ Histoire populaire du Canada, ou, Entretiens de madame Genest à ses petits-enfants [microforme]Chapitre 7 sur 22 · A TRE LE · texte numérisé non relu

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permettre de baiser ses bras, ce qui «st leur manière de témoigner leur amitié ».

Bref, Cartier descendit dans la barque de l'agouhanna, fit venir du pain et du vin pour faire manger le dit seigneur et sa bande, de quoi ils furent fort contents. Après cela le dit agouhanna prit congé de Cartier et retourna avec ses barques à Stadaconé.

Cartier ne tarda pas à lever l'ancre. Profitant de la marée montante, il ordonna à ses navires de remonter le fleuve jusqu'à Stadaconé, afin d'y trouver hâvre et refuge.

« Après avoir navigué une dizaine de lieues, dit Cartier, en côtoyant la dite île (l’Ile-d'Orléans) nous trouvâmes un affourc d’eau fort beau et plaisant. En ce lieu il y a une petite rivière et un hâvre que nous trouvâmes propice pour mettre nos navires en sûreté ».

Cartier donna à cette rivière le nom de Sainte-Croix. Ce nom a été changé, un siècle plus tard, par les jésuites, en celui de Saint-Charles, en l'honneur du sieur Charles des Boues, un de leurs bienfaiteurs.

Ce fut donc dans la rivière Saint-Charles. c'est-à-dire, dans la Petite-Rivière, comme on l'appelle plus communément aujourd’hui, à l'endroit connu sous le nom de Rivière-Lairet, près du pont Bickell, que Cartier conduisit ses vaisseaux. Mais à peine les Français étaient-ils installés en cet endroit, que Donnacona résolut de leur faire une réception des plus solennelles.

C'était à la date du 17 septembre 1535. Donnacona, accompagné de plus de 500 sauvages, se rendit au campement de Cartier ; et là, tous ces sauvages commencèrent à chanter et à danser suivant leur coutume. Le chant fini, Donnacona fit mettre ses gens d’un côté, traça un grand cercle sur le sable, et demanda à Cartier de vouloir bien y entrer avec ses compagnons ; ce qui fut fait. Alors Donnacona, tenant une jeune fille par la main, débita un long discours, après lequel il vint offrir la jeune fille à Cartier comme un présent. Tout aussitôt les sauvages se mirent à pousser trois cris et hurlements en signe de joie et d'alliance. Donnacona fit encore présent à Cartier de deux jeunes garçons, et cette cérémonie fut accompagnée des mêmes hurlements.

Après que Cartier eut remercié le chef sauvage, il fut

informé par Taignoagny que la jeune fille qui venait de lui être donnée était la propre fille du seigneur et roi Donnacona.

Les trois enfants furent mis à bord des navires.

En retour de ces présents, Cartier fit don à l'agouhanna de deux épées et de deux bassins d'airain, dont l'un tout uni et l’autre ciselé. L'agouhanna, fort satisfait, commanda à ses gens de chanter et de danser. Finalement, il pria Cartier de vouloir bien faire tirer un de ces canons qu'il n'avait encore jamais vus, et au sujet desquels Taignoagny et Domagaya lui avaient conté des mer- Î veilles. li

Cartier répondit qu'il le voulait bien, et il fit tirer une :} douzaine de coups avec boulets à travers le bois. Les |

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sauvages furent si étornés, qu'ils crurent que le ciel s'é-

croulait sur leurs têtes ; ils se mirent à crier et à hurler

si fort, dit Cartier, qu’on eût cru que tous ies diables

étaient sortis de l'enfer.

. & «Ce fut là la premiére fois, dit Ferland, que le bruit Fe ; du canon retentit sur les eaux de la rade de Québec et Ft

fut répété par les échos des Laurentides ».

La bourgade de Stadaconé, résidence de ces sauvages, était probablement située entre la ru .:: la Fabrique et le côteau Sainte-Geneviève près de la côte d'Abraham.

Quelques jours plus tard, Cartier remonta le fleuve { jusqu'à Hochelaga, aujourd’hui Montréal. Ce trajet dura É quatorze jours, c'est-à-dire du 19 de septembre jusqu'au 2 d'octobre. Hochelaga était une grosse bourgade renfermant pas moins de 1000 sauvages, et entourée de pa- H lissades bien liées les unes aux autres. Une seule porte |

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donnait entrée dans cette espèce de fort qui renfermait | 50 cabanes. À

Hochelaga, d'après Ferland, était vraisemblablement ne sur le côteau qui s'étend au pied de la montagne du côté 1 de la ville de Montréal.

Cartier fut très-bien reçu par ces sauvages qui lui apportèrent du poisson et du blé-d'inde, et lui firent toutes à sortes de démonstrations d'amitié. à

Il monta sur le sommet de la montagne qui se trouvait au nord de la bourgade, et lui donna le nom de Mont- = Royal ; de ce nom est dérivé celui de Montréal, qui a été donné, depuis, à cette grande ville,

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Cartier ne demeura que quelques jours à Hochelaga, et revint à Stadaconé où il passa l'hiver. Durant cette saison rigoureuse ses kommes eurent beaucoup à souffrir du froid et du scorbut ; il n'en mourut pas moins de 25 dans l'espace de quelques mois. Aussi, dès les premiers jours de mai, c'est-à-dire, aussitôt que ses bâtiments furent dégagés des giaces qui les tenaient emprisonnés, Cartier se rembarqua avec ses gens et fit voile pour la France, emmenant avec lui Donnacona, le chef de Stadaconé.

Avant son départ Cartier avait fait planter sur le bord de la Petite-Rivière une croix haute de trente-ci*q pieds, sur laquelle étaient représentées les armes de France avec ces mots en latin : FRANciscus Primus DEt GRATIA FRANCORUM REX REGNAT ; François Premier, par la grâce de Dieu, Roi des Français, règne.

Ce ne fut que quatre années plus tard que Cartier put entreprendre son troisième voyage au Canada, mais sans y ramener Donnacona, qui était mort durant son séjour en Europe. Cette fois Cartier hiverna au Carouge qu'il appela Charlebourg-Royal. Mais, vu les inquiétudes incessantes que lui causaient les sauvages, il s'embarqua de bonne heure au printemps, et retourna de nouveau en France.

Es enfants, dit madame Genest, je vous ai fait, en peu de mots, hier, le récit des trois voyages de Jacques-Cartier au Canada ; ce soir, je vais vous parler de Champlain... Champlain, le fondateur de Québec et le père de la Nouvelle-France !

Après le troisième voyage de Cartier, quelques tentatives: furent faites par les rois de France pour coloniser le Canada. Au nombre de ces tentatives fut celle de

Roberval, qui passa tout un hiver au Carouge avec quel-

ques centaines de colons, dont un grand nombre sortaient des prisons de France. Heureusement pour le

Canada, Roberval et ses repris de justice furent bientôt forcés, par le terrible mal de terre ou scorbut, de reprendre le chemin de leur pays.

A Samuel de Champlain, gentilhomme français né à Brouages, province de Saintonge, était réservé l'insigne honneur de fonder Québec et de poser les bases de cette belle colonie qui, si longtemps, » porté le nom glorieux de « Nouvelle-France », et qui, depuis, a été le noyau de ce vaste empire connu du monde entier aujourd'hui sous le nom de « Confédération Canadienne ».

Champlain quitta l2 France au mois d'avril 1608, et arriva à Tadoussac, à l'embouchure de la rivière Saguenay, six semaines après. Il ne s'arrêta à cet endroit que fort peu de temps, et remonta aussitôt le fleuve.

Après avoir passé un grand nombre d'îles, parmi lesquelles il signale plus spécialement l'Ile-aux-Lièvres et l'Ile-aux-Coudres, il arriva au pied d'un cap où le vent était très fort et la mer bien grosse : il lui donna le nom de Cap-Tourmente. «En cet endroit, dit Champlain, la mer commenre à être douce ».

Passant par la rive sud du fleuve, il côtoya l'Iled'Orléans, au bout de laquelle il aperçut une grande chûte d'eau, du côté du nord ; c'était la chûte Montmorency.

Enfin, le 3 juillet, il s'arrêta au pied d'un cap situé entre une petite rivière et le fleuve; ce lieu portait le nom sauvage de Québec ; le vieux nom de Stadaconé avait disparu.

On a beaucoup discuté sur l'origine de ce nom de Québec, donné à la plus ancienne ville du Canada. Suivant les meilleures autorités, ce nom vient du mot sauvage Kebek ou Kepac qui signifie rétrécissement des eaux.

A peine Champlain eut-il mis pied à terre, qu'il s'occupa de construire un logement ou habitation pour lui et les siens ; pour cela, il fit choix du lieu qu'il appelle, dans ses écrits, la pointe de Québec, lieu occupé aujourd'hui par l’église de la basse-ville et par les maisons avoisinantes, et qui était alors couvert d'une épaisse forêt de vignes et de noyers.

Les fondements de cette habitation venaient à peine d'être posés, lorsqu'une odieuse conspiration fut tramée contre la vie du père de la Nouvelle-France. « Quel-

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ques jours après que je fus au dit Québec, dit Champlain, il y eut un serrurier qui con‘, . a contre le service du roi; son dessein était de me fair mourir. Pour cela, il suborna quatre de ceux qu'il croyait être des plus mauvais garçons, leur faisant entendre mille faussetés et espérances d'acquérir du bien ».

Le dessein des conjurés était de saisir Champlain au dépourvu et de l'étrangler ; ou bien de donner une fausse alarme et de tirer sur lui au moment où il sortirait de sa demeure.

Heureusement que le jour même où cet assassinat devait avoir lieu, Têtu, pilote d'une des barques de Champlain, dévoila toute l'affaire.

Têtu, ayant appris d'un serrurier du nom de Natel, les secrets de la conspiration, alla trouver Champlain pendant que celui-ci était occupé à préparer son jardin ; ce jardin était situé auprès de l'habitation. Comme la chose devait être dévoilée secrètement, «nou: aîlâmes dans le bois, dit Champlain, où Têtu me raconta toute l'affaire ».

Aussitôt Champlain fit fabriquer six paires de menottes avec lesquelles il fit enchaîner les principaux séditieux, et, entre autres, un chirurgien du nom de Bonnerme. Mais l'innocence de Bonnerme fut bientôt reconnue, et il fut libéré. Une espèce de cour fut ensuite organisée pour entendre les témoignages des coupables et pour les juger ; et le résultat de ce procès criminel — le premier de ce genre, peut-être, qu'on aît vu au Canada — fut que le chef de la conspiration serait pendu. L'exécution eut lieu ; la tête de du Val fut coupée, mise au bout d'une pique, et plantée au lieu le plus éminent du fort.

Le premier octobre de la même année, Champlain sema du blé dans son jardin, le 15, du seigle ; ce furent, suivant toutes les apparences, les premiers grains de blé et de seigle qui furent confiés à la terre du Canada.

Durant ce premier hivernement les hommes de Champlain eurent beaucoup à souffrir de la même maladie qui avait fait périr un si grand nombre des hommes de Cartier, maladie qui n’était autre que le terrible scorbut.

Certes, mes chers enfants, vous devez trouver que Champlain a montré beaucoup de courage en consentant

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DEUXIÈME ENTRETIEN. 2b

à passer ce premier hiver dans un pays tout-à-fait inconnu, au milieu de sauvages féroces et perfides contre lesquels il fallait se tenir constamment en garde. Vous aimerez, sans doute, à connaître la peinture que Champlain fait lui-même du caractère, des mœurs et des coutume: des peuplades qui habitaient alors Québec et les alentou , de cette ville ; écoutez ce qu'il dit :

« Quantité de sauvages étaient cabanés près de nous et se livraient à la pêche de l'anguille, qui commence vers le 15 septembre et finit au 15 oc'obre. En ce temps, tous les sauvages se nourrissent de ce poisson, et en font sécher pour l'hiver.

«Tous ces peuples pâtissent beaucoup, au point que quelquefois ils sont contraints de se nourrir de certains coquillages et de manger leurs chiens, ainsi que les peaux de ces animaux, dont ils se servent ordinairement comme vêtements pour se garantir du froid. Ils sont très vindicatifs, grands menteurs, et on ne peut guère être en sûreté avec eux que quand on a la force en mains. Ils promettent beaucoup, mais tiennent peu à leurs promesses. Ils n'ont ni foi ni loi, et sont remplis d'une foule de superstitions. Ils ue sa--:nt ce que c'est que prier Dieu et vivent comme des bêtes brutes. Ils ont parmi eux un certain nombre de devins ou sorciers qu'ils appellent pillotois. Ces pillotois c'oient parler au diable en personne, et ils le consultent pour savoir ce qu'il leur faut faire en temps de guerre com: e en d’autres temps. Ils croient aussi que tous les songes qu'ils ont sont véritables, et que les choses qu'ils ont vues en songe doivent arriver.

» Ces sauvages sont bien proportionnés de corps, sans difformités, très dispos. Les femmes se frottent la peau avec certaines peintures qui leur donnent une couleur jaunâtre. Ils s'habillent avec des peaux, et notamment, pendant l'hiver, avec des peaux d’élans, de loutres, de castors, d'ours, de loups-marins, de cerfs et de biches qui abondent en ce pays. L'hiver, quand l'épaisseur de la neige est considérable, ils attachent sous leurs pieds une espèce de raquettes qui leur permettent d'aller et venir sans enfoncer ; sans cela ils ne pourraient aller à la chasse ni voyager.

» Pour ce qui est de leurs enterrements, quand un hom-

me ou une femme meurt, ils font une fosse dans laquelle ils jettent une foule de choses, telles que chaudières, fourrures, haches, ares, flèches, robes, etc. Ensuite ils mettent le corps dans la fosse et le recouvrent de terre. Sur cette terre ils mettent un grand nombre de grosses pièces de bois, et en disposent une debout dont ils peignent l'extrémité supérieure en rouge. Ils croient à l'immortalité des âmes, et disent que Îles morts vont se réjouir en d'autres pays avec leurs parents morts avant eux...

»Ils sont fort craintifs, et ont une grande peur de leurs ennemis, au point qu’en quelque lieu qu'ils soient, ils ne dorment presque point en repos ».

Obligé de vivre au milieu de pareilles tribus, Champlain ne pouvait rester longtemps en paix ; aussi, dès l'année 1609, un an après son arrivée à Québec, se vitil obligé de prendre part à une guerre que les Montagnais, les Algonquins et les Hurons entreprirent contre leurs ennemis jurés, les Iroquois. En assumant les risques d'une pareille entreprise, Champlain croyait s'attacher les peuplades au milieu desquelles il demeurait.

Le départ de l’armée eut lieu à Québec, le 28 mai. Voici en quels termes Champlain rapporte Îles détails du combat qui fut livré sur les bords du lac Saint-Sacrement.

«Le soir étant venu, nous nous embarquâmes dans nos canots pour continuer notre chemin ; et comme nous allions fort doucement et sans faire de bruit, le 29 du mois, sur les dix heures du soir, nous fimes rencontre des Jroquois au bout d'un cap. De chaque côté, l'on poussa de grands cris, chacun se parant de ses armes. Nous nous retirâmes vers l'eau. Les Iroquois, de leur côté, mirent pied à terre, et arrangèrent leurs canots les uns contre les autres, et commencèrent à abattre des arbres à l'aide desquels ils se barricadèrent fort bien.

» Dès que les nôtres furent armés et mis en ordre, i!s envoyèrent deux canots vers les ennemis pour leur demander s'ils voulaient combattre ; à quoi les ennemis répondirent qu'ils ne désiraient rien autre chose, mais que, l'heure étant très avancée, ils désiraient attendre le lever du soleil afin de pouvoir se connaître. Les nôtres accédèrent à cette proposition ».

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Toute la nuit se passa, des deux côtés, en danses et chansons, sans compter les injures de toute espèce lancées d’un camp à l’autre.

Le jour venu, Champlain et ies deux Français qui l'accompagnaient se tinrent soigneusement cachés, afin de n'être vus de l'ennemi qu’au moment du combat.

«Alors, dit Champlain, je vis sortir les ennemis de leur barricade, au nombre de 200 hommes à peu prés, tous forts et robustes: ils s’avancèrent au petit pas, au-devant de nous, avec assurance et gravité. A leur tête étaient trois chefs reconnaissables à leurs grands panaches ornés de grandes plumes.

» De notre côté, nous nous avancions aussi vers eux, lorsque, parvenue à quelques centaines de pas des ennemis, notre armée s’ouvrit en deux pour me livrer passage. J'allai me mettre à sa tête, à une vingtaine de pas en avant d'elle, et à une trentaine des ennemis.

»Ce fut alors qu'ils m'aperçurent pour la première fois. Ils s'arrétèrent pour me contempler; j'en fis autant. L'instant d'après, les voyant faire leurs apprêts pour tirer sur nous, j'ajustai mon arquebuse, et visai droit à un des trois chefs. Ce premier coup tua le chef, un de ses compagnons, et en blessa un troisième qui mourut peu de temps après. J'avais mis, dit Champlain, quatre balles dans mon arquebuse.

» Voyant ce bon coup, les nôtres jetèrent de grands cris, et les flèches commencèrent à pleuvoir des deux côtés.

» Comme je rechargeais mon arquebuse, l'un de mes compagnons, caché dans le bois, tira un coup, et tua un autre chef. Dès lors les Iroquois perdirent courage et se mirent à fuir. Nous les poursuivimes quelque temps, en tuâmes plusieurs, et fîmes dix ou douze prisonniers ».

Le retour de cette campagne fut signalé par un incident que Champlain décrit de la manière suivante :

«Après avoir fait une marche d'environ huit lieues, les nôtres prirent sur le soir un des prisonniers iroquois à qui ils firent une harangue, lui reprochant les cruautés que lui et les siens avaient exercées à leur égard. Ils l'averlirent qu'en conséquence, il devait s'attendre à en recevoir autant, et lui commandèrent de chanter pour montrer son courage; ce qu'il fit, mais d’une façon bien triste à entendre.

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