LE CARDINALAT ROMAIN
lustre Cardinal Bembo ne pouvait guère échapper aux émotions admiratives, qu'excitait chez les membres du Sacré Collège la sublimité de Colomb. Aussi crut-il devoir, en écrivant l'histoire de Venise, l'enrichir d'un livre entier sur la Découverte.
Plus tard, le cours du temps ralentit cette curiosité. Les compétitions, les conflits, les préoccupations locales, surtout les luttes reUgieuses absorbant les esprits , l'image de Colomb parut s'éloigner, s'amoindrir, et fut sur le point de s'effacer du souvenir des peuples.
Durant une longue succession d'années, la renommée du Ministre de la Providence eut uniquement Rome pour asile. Dans les autres parties de l'Europe quelqu'un se remémorait-il encore Christophe Colomb ?
Pendant que tous l'oubliaient sur cette terre qu'il avait agrandie , un vague ressouvenir de ses rapports avec la Papauté subsistait dans la Ville Éternelle. L'aperception de sa grandeur y devançait de deux siècles l'opinion qu'allaient s'en former les générations suivantes. Bien que le caractère Apostolique du Héros ne fût pas encore révélé , et que Timmensité de son Mandat providentiel ne pût être embrassée de la pensée, puisque même deux cents ans plus tard son œuvre n'avait pas atteint son entière évolution, plusieurs Princes de cette Église Romaine , qui recueillait déjà les fruits de ses labeurs, éprouvaient comme le pressentiment de sa grandeur évangélique. Ce fut dans la Métropole du Catholicisme que la plus resplendissante de ses gloires