‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 116 sur 250 · LE CARDINALAT ROMAIN · texte numérisé non relu

LE CARDINALAT ROMAIN

illustres littérateurs de la péninsule, aidèrent à la prompte diffusion de son œuvre. Latiniste d'un goût épuré , il ne put qu'être apprécié des esprits délicats. Nous voyons que Paul Manuce payait à ses vers le plus flatteur tribut , et déclarait qu'ayant fait à Rome une lecture publique de la première partie de son poème , et s'étant complu à faire ressortir la force autant que Télégance de sa versification , il ne s'était trouvé personne qui ne partageât son avis.

Un Prince Romain d'antique race , le Cardinal Farnèse, dans son admiration de Colomb, voulut, pour l'honneur de la Ville Éternelle, qu'un poète né aux bords du Tibre célébrât l'Amplificateur de la Création. Il excita l'enthousiasme du noble Romain, Jules César Stella, devint son inspirateur et se fit son Mécène. Autant en vue de surchauffer sa verve que d'accroître son ambition littéraire, le généreux Cardinal ouvrit des réunions périodiques dans sa villa Farnèse, où les principaux lettrés de la ville entouraient les toges pourprées devant lesquelles Jules César Stella lisait des fragments choisis de son poème. Le retentissement de ces nobles Assemblées semblait préparer à son œuvre le chemin de la gloire. Et cette gloire, bien qu'éphémère et incomplète comme son poème , qui ne fut jamais achevé, eut pourtant son heure d'éclat. Les meilleurs écrivains d'Italie formèrent autour de ce livre un vrai chœur de louanges . L'éditeur lui-même, François Beuzi, le préconisait d'un ton dithyrambique, et ambitionnait pour son pays natal

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