‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 118 sur 250 · SYMPATHIES DU SACRÉ COLLÈGE · texte numérisé non relu

SYMPATHIES DU SACRÉ COLLÈGE

Les Princes de l'Église ne se bornèrent point à enxîourager des travaux littéraires, à indiquer le plus magnifique des sujets d'Épopée, et àinspirer des poètes. Plusieurs d'entre eux laissèrent une empreinte personnelle d'admiration, dans leurs propres œuvres. En ^édigea^t son livre des Consolations de V Église j le Cardinal de Vérone, le grand Valerio, signala les féconds résultats de la Découverte. Le Cardinal Paleotto publiait la grandeur de Colomb , et le Cardinal Sforza Pailavicino commémorait, dans ses Fasti sacriy les prodigieux travaux de ce Héros Chrétien.

Par une heureuse exception , tandis que les Souverains dont les États profitaient le plus des découvertes de Christophe Colomb , faisaient sur lui le silence , à l'exemple de la Cour d'Espagne, le Cardinalat Romain honorait hautement le Révélateur du Globe, et patronal t publiquement sa gloire.

Toutefois, malgré la générosité de ce Mécénat Cardinalice , et la diffusion des poèmes sortis de la presse romaine, le retentissement du nom de Colomb ne dépassait guère les Apennins , et venait au surplus expirer aux contreforts des Alpes. Néanmoins, quelques exemplaires de ces poésies pénétrèrent en France L'histoire des conquêtes des Castillans dans les Indes, par Antonio de Herrera, que traduisit en français Nicolas de la Coste, arriva fort à propos pour ravivei parmi nous Téclat du nom de Colomb (1). Il était de bon goût à cette époque de s'enflammer pour les conquérants, de s'enthousiasmer de leur gloire, d'admirer uniquement les combats, les lauriers, et de placer Fernand Cortez beaucoup au-dessus de Colomb.

L'aimable femme que Voltaire charmé, après Tavoir couronnée de lauriers à Ferney, surnommait complaisamment la dixième Muse^ M°^® du Boccage, était loin de penser commettre une profanation, quand prise d'admiration pour le Révélateur du Globe, eUe entre^ mêlait les déités mythologiques aux événements de la

(1) D'autant mieux que le traducteur avait dédié son travail au savant président de Lamoignon.

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