TRADITION CONSTANTE A SAINT-DOMINGUE
Il y a peu d'années encore , vivait dans la colonie un des derniers descendants de ce brutal gouverneur, qui osa charger de chaînes le Révélateur du Globe. C'était l'estimable don Thomas Bobadilla , notaire de la curie ecclésiastique et cousin de l'archevêque M*"" Valera Y Jimenez. Jurisconsulte distingué, il fut, pendant plus de soixante ans , mêlé aux affaires publiques. Parfois , on l'avait ouï dire : « Les Espagnols se sont trompés quand, en nous quittant, ils ont cru transporter avec eux les restes de Colomb; nous les possédons encore ; ils sont toujours ici, dans la cathédrale, du côté de l'Évangile (1). »
En 1872, son gendre, Don Carlos Nouel, fut amené à répéter publiquement ce qu'il tenait de son beaupère. Plus tard, il en parla aussi au Délégat ApostoUque M^'" Santanché, archevêque de Saint-Domingue, lequel ne lui accorda pas d'abord grande confiance ; il objectait les faits de 1795. Mais ensuite sa conviction se forma sur d'autres témoignages; et si bien que nous fûmes étrangement surpris, quand, à l'époque des noces d'or du grand Pie IX, le vénérable prélat se trouvant à Rome, soutint contre nous que la sépulture de Colomb était à Saint-Domingue.
Déjà en 1853 , le très vénéré W Thomas des Portes, archevêque de Saint-Domingue, assurait que les restes
(I) « Los restos de Colon estan aqui en la catedral en el presbiterio, del lato del Evangelio. » (EmilioTejera : Los restas de Colon, p. 50; Santo Domingo, 1878.)