LEÇON DONNÉE PAR L' AUTEUR A MESSIEURS
des divers Ministères, des autorités delà ville, et de sept Consulats étaient, dès le premier jour, la garantie prise contre toute soustraction ou introduction possible. Or, rintégrité des scellés a été publiquement reconnue avant de procéder à ce deuxième examen.
Cette simple planchette d'argent rend stériles et vaines les hypothèses injurieuses, les subtiles interprétations. Elle reste là, durable, visible à tous, aussi démonstrative de la sincérité, que péremptoirement décisive de Tidentité.
Impuissante à nier l'existence des restes , de la caisse les renfermant, des caractères les certifiant, l'Académie d'Histoire n'a pas rougi d'accuser de fraude pieuse le Délégat Apostolique du Saint-Siège , et de nous en rendre complices rétrospectivement. Notre écrit Les DEUX Cercueils a fait trop bonne justice de cette impudence, pour que de rechef nous en étalions ici la honte.
En vain, le ministère espagnol a-t-il inondé de ce fameux Rapport toutes les sociétés savantes d'Europe et d'Amérique; il n'a réussi à persuader personne.
L'Académie de Madrid nous a demandé , d'un ton goguenard , si nous fûmes en rapport épistolaire avec Christophe Colomb, comme Angleria; si nous l'avions suivi pas à pas, dans ses voyages par mer et sur terre, comme Las Casas , ou au moins si nous l'avions connu et traité familièrement , comme Fernandez de Oviedo.
Nous regrettons d'être obligé d'apprendre à des académiciens espagnols que, si Las Casas eut entre ses
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mains le journal de bord de Colomb et d'autres papiers du vice-roi des Indes , il ne suivit jamais lamiral de l'Océan ni sur mer ni sur terre , ne monta jamais avec lui sur aucun vaisseau , et ne put faire partie d'aucune de ses expéditions. Pendant le second et le troisième voyage, il était encore étudiant en théologie. Nous avons aussi la preuve qu'il n'affronta point les terribles dangers de la quatrième expédition. Il se rendit à Saint-Domingue , sans Colomb , qui hélas ! s'en trouvait arbitrairement proscrit; et il y chanta sa première grand'messe, en 1510, par conséquent quatre ans après la mort du grand Découvreur.
Pour compléter la leçon, nous devons apprendre encore à ces superbes académiciens que Gonzalo Fernandezde Oviedo n'eut l'honneur d'aucun rapport familier avec le Vice-roi des Indes. Il put, en qualité de page du roi Ferdinand, l'apercevoir maintes fois à la Cour, le contempler avec admiration lors de sa réception triomphale à Barcelone; mais aucune sorte de relation ne pouvait s'établir entre un simple page et le Vainqueur delà mer ténébreuse. Les parchemins, les titres et privilèges de l'amiral, qu'Oviedo eut sous les yeux, lui furent communiqués par le fils aîné de Colomb , don Diego, garde du corps du roi Ferdinand, que les nécessités journalières du service mettaient en rapport avec lui. Messieurs de l'Académie royale d'histoire ont ici confondu le fils avec le père , comme ils l'ont fait au sujet de Las Casas. Colomb, à Saint-Domingue,