‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 168 sur 250 · VOLONTÉS TESTAMENTAIRES DE COLOMB · texte numérisé non relu

VOLONTÉS TESTAMENTAIRES DE COLOMB

centre de la propagande chrétienne dans le Nouveau Monde. Il lui avait donné pour armoiries le lion de Juda et la clef de saint Pierre. Saint-Domingue était le lieu où avait d'abord fructifié la Croix qu'il y avait plantée. Là, s'étaient recueillies les prémices de la foi catholique aux Antilles , et c'est là qu'il voulait reposer à jamais.

Ses intentions n'étaient ignorées de personne. Leur souvenir se perpétuait parmi les siens. La vice-reine des Indes, dofta Maria de Tolède , avait invoqué auprès de l'empereur la volonté de Tamiral. Son petit-fils, don Luiz, l'avait aussi rappelée. L'amiral Aristizabal luimême, en croyant enlever les cendres du vainqueur de l'Océan, semblait s'excuser de cette pieuse violation de ses dispositions mortuaires, et disait qu'après Saint- Domingue, la Havane était la terre la plus digne de les posséder.

Vingt années plus tard , l'héritier du titre ducal de Veragua montrait encore des scrupules. 3e conscience au sujet de cette sépulture établie à la Havane, contrairement aux volontés de ce mort immortel. Il manifestait l'espoir de voir restituer ses reliques à Saint-Domingue quand les troubles révolutionnaires seraient apaisés, et il écrivait de Madrid, le 12 septembre 1815, au révérend chanoine don Francisco Gonzalez, docteur en théologie , qu'il désirait que ces cendres précieuses fussent rendues à l'Église primatiale des Indes.

En 1875 , une feuille périodique imprimée à Puerto- Plata, él Porvenir^ poussait le général président Gon-

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zalez à solliciter de TEspagne la restitution des cendres de Christophe Golomb.

L'année suivante , une vive polémique s'engageait à ce sujet entre le général dominicain Lupéron et le Diario de la Marina pubUé à la Havane. Vers ce temps, don José Garcia consignait dans le premier volume de ses mémoires, pour une Histoire de Quisqueya, les regrets et les espérances de Saint-Domingue. Un sentiment d'équité rendait unanime le désir de ce retour chez ceux des habitants qui croyaient encore les reliques de Christophe Colomb au pouvoir de l'Espagne à Cuba.

Ils n'ont plus désormais à former ce vœu.

L'Espagne, sans égard pour la volonté de Christophe Colomb , avait résolu de transporter ses restes h Cuba. Vaine tentative ! Elle s'est méprise sur leur identité. En dépit de Téclat et des solennités de la translation, son rapt pieux n'a pu être accompli. La Providence n'a pas permis une telle violation des intentions de son Messager, et, malgré les hommes, ses ossements vénérables continuent , suivant son désir, de reposera Saint-Domingue .

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