‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 27 sur 250 · BIBLIOGRAPHES ADMIRATEURS DE VESPUGE · texte numérisé non relu

BIBLIOGRAPHES ADMIRATEURS DE VESPUGE

Malgré lui, Taveugle usurpation commise au profit de Vespuce demeura inébranlable, étant déjà consolidée par la force de l'habitude. D'ailleurs, sous des titres différents, les lettres de Vespuce et les récits le concernant tenaient déjà leur place dans toutes les bibliothèques. Son nom était sur toutes les cartes, son éloge dans toutes les bouches, et Ton eût cru rabaisser le découvreur célèbre, en le plaçant au niveau de ce certain Colomb, qui n'avait jamais fait de livres.

Ainsi, le médecin-géographe de Colmar, Laurent de Fries, qui en mars 1522, rééditait à Strasbourg le IHolémée, en indiquant sur un planisphère le Nouveau Continent, écrit qu'il a été découvert par le Génois Christophe Colomb ; et néanmoins il lui donne le nom d'Amérique, ne se doutant pas de l'importance du Nouveau Monde, qui n'était à ses yeux qu'un pays de sauvages et d'idolâtres sans barbe. Peut-être ne croyait-il pas faire à ce Colomb, dont personne n'avait lu les écrits, un tort sérieux, en conservant à cette terre le nom d'Améric Vespuce, que l'on disait « très illustre, très célèbre, l'introducteur de la civilisation dans ces nouvelles contrées, leur inventeur très excellent, très noble, leur premier visiteur et leur premier hôte! »

Le poète mathématicien Henri Glaréan, en faisant imprimer à Bàle sa biographie de Colomb, veut l^ien accorder au marin génois d'avoir participé aux découvertes d'Améric, mais sans ôter à ce dernier le droit de donner son nom au Nouveau Continent. Même, cette concession parait faiblesse et pusillanimité à l'auteur d'un livre publié en 1530. Il n'admet pas, lui, cette quasi-égalité de partage. Il ne nie point que Christophe Colomb ait navigué, mais il ne voit dans ce marin qu'un imitateur du célèbre Améric, et le met à sa suite.

Vers ce temps, on imprime en latin, à Paris, rue Saint- Jacques, à l'enseigne du Lys, une Nouvelle et complète description du Mondes où le nouveau continent apparaît officiellement revêtu du nom d'Amiriquey qu'il gardera désormais. Un peu après, l'imprimeur Augelier édite, aux frais de Jean Parvi et de GaUiot du Pré, le Novus Orbis, constatation définitive de la primauté d' Améric Vespuce.

Afin que cette dénomination d'^lméngtie restât claire, et dorénavant parût légitime à tout homme naissant en ce monde, le Frison Gemma, docteur en médecine

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