VICE-ROYAUTÉ SOLENNELLEMENT PROMISE
« règne pour toujours et sans fin ; et de la bienheu- « reuse Vierge, la glorieuse sainte Marie, Notre-Dame, « Mère du Sauveur que nous avons pour patronne, et « pour avocate dans tous nos faits, et à qui soient (( honneur et révérence, et du bienheureux apôtre le « seigneur Jacques, lumière et espoir des Espagnes , « patron et guide des rois de Castille et de Léon, ainsi « qu'en Thonneur et révérence de tous les autres « saints et saintes de la cour céleste (1). »
Tel est le début de cet acte de confirmation. Sa formule solennelle atteste son caractère quasi religieux. Elle est cette fois plus ample et plus spécialement placée sous la sauvegarde de la sainte Trinité, que ne Tétaient les accords ordinaires faits par TEspagne avec divers États ; entre autres les traités d'Arevallo et de Tordesillas qui furent passés Tannée suivante, entre la Castille et le Portugal, au sujet des découvertes maritimes.
Il n'est pas sans quelque intérêt de citer un passage de ce curieux protocole, à la fois religieux, doctoral et philosophique.
(1) « En el nombre de la santa Trinidad , é elerna unidad Padre , é « Fijo, é Espiritu Santo, très personas realmenle distintas, é una esencia « divina, que Tiye é reina por siempre sin fin; e la bienayenturada «t Virgen glorlosa Santa Maria nuestra Seftora, su Madré, à quien nos « ténémos por'seîiora é por abogada en todos los nuestros fechos é a honra « é reyerencia-Suya, é del bienyenturado Âpostol seftor Santiago, luz é « espejo de las Espaûas, patron e guidor de los reyes de Castilla é de Léon, « é asimismo à honra é reyerencia de todos los otros santos é santas de « la corte celestial. » — Coleccion diplomaiica, tomo II, num. xli.
50 FORMULE OUASl RELIGIEUSE
« Si de sa nature rhomme ne peut complètement connaître Dieu , néanmoins par Tétude du Monde , Taspect de ses merveilles, il parvient à comprendre que Dieu est le principe, le soutien et la fin de toutes choses ; qu'elles s'accomplissent suivant son ordre ; qu'il n'a besoin d'aucune chose créée et qu'on ne peut se passer de lui ; qu'il peut les changer à son gré, et que nul changement ne peut s'opérer sans lui; qu'il est le roi des rois, que par lui seul régnent les princes, qui deviennent ses vicaires, chacun dans son gouvernement. D'après le sentiment des saints, le roi est mis sur la terre à la place de Dieu , pour accomplir la Justice, rendre à chacun son droit. C'est pour cela qu'on Tappelle le cœur et Vâme du peuple. La Justice est le premier besoin des nations; le moyen de conserver la société. La Justice est la source d'où émanent et s'obtiennent les droits. La Justice ne consiste pas seulement à punir les coupables, mais à récompenser les justes ; et il y a dans l'observation de cette équité , de grands avantages pour un État, car de tels exemples intimident les méchants, et encouragent les bons. Les rois doivent annoblir, décorer et honorer
ceux qui rendent de grands services (1) . »
(1) « Lajusticia no es taa solamente enescarmentar los malos, mas aun en galardonar los buenos honrarlos é sublimarlos entre los otros