STRICTEMENT DUE A COLOMB
Dans cette confirmation, le titre de VICE-ROI perpétuel et héréditaire est répété neuf fois, par les souverains, sanctionné de leur signature, et scellé du sceau des deux couronnes.' De plus, à cause de la noblesse de son origine, ce titre est déclaré exempt de tout droit de chancellerie. Il ne pouvait donc exister au monde im engagement plus complet, mieux motivé, plus solennel, plus strictement obligatoire. Nous allons voir de quelle manière le roi Ferdinand, son gendre Philippe le Beau , son petit-fils Charles-Quint , et leurs successeurs, sont parvenus à s'en délier.
can como a nuestro yisorey e gobernador délias. » — Coîeccion diplomatictty tomo II, num. xli.
Les droits du vice-roi des Indes étaient trop formellement établis, confirmés et itérativement sanctionnés, pour y porter ouvertement atteinte. Ferdinand ne pouvait tenter de surprendre Tindéviable droiture d'Isabelle. Donc son plan d'iniquité n'était pas d'une exécution facile. Mais ce rusé politique, habitué à dissimuler avec les souverains, avec ses amis, ses proches, avec sa noble compagne, espérait n'être deviné par personne, et arriver insensiblement à son but. Pour cela, il jugea qu'il suffisait, sans modifier le texte des traités , de ne pas accorder au vice-roi des Indes le libre exercice de sa vice-royauté. Car à cette dignité seule étaient attribués des droits de dlme et d'octave qui devaient plus tard atteindre des sommes colossales. Il se promit bien de garder pour sa propre couronne une telle source de richesses, et de réduire à néant des chartes devenues inutiles, puisqu'il avait seul en main la force executive pour leur donner vigueur. Quant aux titres d'amiral de l'Océan et de gouverneur général des lies et terre ferme, on pouvait sans inconvénient les lui continuer, puisque c'était surtout la vice-royauté qui produisait les droits et revenus stipulés dans la convention de Grenade.