‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 39 sur 250 · PRÉMÉDITATION DE FERDINAND · texte numérisé non relu

PRÉMÉDITATION DE FERDINAND

aux droits de Colomb, Tappellc six fois V Amiral, et pas une seule fois vice-roi. Dans une lettre à la même date , encore au sujet des droits du vice-roi , on l'appelle cinq fois V Amiral j et dans les instructions pour la bonne administration des Indes, pendant qu'on inscrit à peine une seule fois son titre de vice-roi, on lui donne huit fois celui d'Amiral (1).

Si la simplicité de la colombe habitait le cœur de Colomb, la prudence du serpent veillait dans son esprit, suivant la recommandation évangélique. Sa pénétration naturelle avait intuitivement reconnu l'astuce et pressenti les manèges du roi, son profond ennemi. Il voyait bien qui avait attisé contre lui l'orgueil castillan, l'envie, les préventions de la cour, et quelle main s'était aidée à réunir en faisceau ces haines.

Dès lors, sa juste défiance avait dû prendre quelques garanties contre l'avenir. Il pensait que l'engagement du souverain, en étant renouvelé, rappelé et sanctionné de rechef, finirait par alarmer sa conscience , lier son honneur, et Tempècher de violer ouvertement ses obligations.

Loin de s'y réfuser, l'astucieux Ferdinand paraissait au contraire très désireux de dissiper ses craintes , et ne se lassait pas de multiplier ses protestations, et de renouveler ses engagements.

Ainsi, après la signature de la convention conclue

(1) Cédule datée de Médina del Campo. — Coleccion diplomatica, num. cxiv.

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