‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 41 sur 250 · PRÉMÉDITATION DE FERDINAND · texte numérisé non relu

PRÉMÉDITATION DE FERDINAND

recommander sa famille, il laissait percer quelque inquiétude, Isabelle lui envoya, de Valencia de la Torre, une lettre, signée des deux rois, dans laquelle ils promettaient de faire pour lui beaucoup plus qu'il n'était spécifié dans ses privilèges, et l'assuraient de nouveau qu'après lui ils mettraient son fils aîné en possession de ses titres, ses charges et ses dignités.

Colomb ne douta jamais un instant de la droiture d'Isabelle, mais, son regard perçait la triple astuce dont se faisait cuirasse Ferdinand. Ayant lu dans son cœur, il s'occupa de mettre en dépôt chez ses amis du couvent de la Chartreuse de Séville, la copie de ses traités avec la Couronne. Il songeait à renfermer l'original de ses titres et parchemins signés des rois , et scellés de leurs sceaux , dans une cassette imperméable en liège, hermétiquement close et recouverte de cire, qu'ils auraient cachée au fond de la citerne, pour la dérober aux recherches de son puissant ennemi. Il en remit aussi une copie à Nicolas Oderigo, ambassadeur de la république de Gènes.

Entre le Messager de la Croix et le machiavélique époux d'Isabelle, la lutte était invisiblement engagée, ainsi qu'elle se perpétue depuis le commencement , entre l'esprit de Dieu et l'esprit du monde. Colomb tenait à s'assurer les moyens de délivrer un jour le Saint Sépulcre, et Ferdinand à confisquer les revenus destinés à ce but sacré.

Lorsque Christophe Colomb, qui avait deux fois

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