‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 42 sur 250 · CONTRE LE VICE-ROI DES INDES · texte numérisé non relu

CONTRE LE VICE-ROI DES INDES

refusé le don d'une Principauté, de peur d'être ralenti par des préoccupations personnelles dans sa propagation de rÉvangUe, réclamait persévéramment ses droits, la restitution de sa vice-royauté, lui qui, depuis sa seconde expédition, ne quittait presque plus son vêtement franciscain, évidemment les honneurs mondains et les jouissances du luxe n'étaient pas le mobile de sa persistance. Son âge, ses infirmités, ses fatigues de mer, son éloignement volontaire de la Cour, le disent assez. On ne peut s'y méprendre. Séparé de l'Europe par tout l'Atlantique, naufragé, abandonné des hommes, il a toujours devant les yeux l'objectif sacré de sa vie, la délivrance des lieux saints ; et en réclamant sa vice-royauté, il la demande comme la part due à Dieu. La vice-royauté est pour lui la mise en valeur de son majorât, et son majorât la mise en produit des revenus qui lui permettront de racheter ou de conquérir le Sépulcre du Christ. De là son énergie de réclamation que rien ne décourage ; de là sa persistance dans le rappel de ses droits, à qui ne veut pas entendre pour ne pas comprendre, et se borne à prendre.

Au moment où Colomb , brisé par les souffrances et les inénarrables traverses de sa dernière expédition, revint en Espagne , la Reine était mourante , la Castille en alarme , la Cour en deuil. Il sentit son cœur déchiré. La maladie s'ajoutant à l'accablement le retint forcément à Se ville. Ce fut dans cette cité, foyer de ses ennemis, qu'il apprit la mort de sa protectrice. Dès que les convenances le permirent, il écrivit au roi : aucime réponse ne lui fut faite.

Vainement adressa-t-il au souverain ime autre lettre, à laquelle était joint un mémoire sur les maux de l'administration des Indes, et les moyens d'y remédier. Le silence de la Cour ne fut pas rompu. Alors il chargea son fils aîné de placer sous les yeux de son maître une nouvelle lettre très explicative.

On n'y répondit pas davantage.

Apprenant qu'il était question, sous prétexte de pourvoir aux besoins religieux de l'Espagnole, d'y créer un Archevêché et deux sufiFragances , il écrivit de nouveau, suppliant qu'on voulût bien retarder les nominations jusqu'à l'arrivée des renseignements qu'il allait donner.

On n'en tint pas compte.

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