‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 43 sur 250 · OUBLI DES PRIVILÈGES DE COLOMB · texte numérisé non relu

OUBLI DES PRIVILÈGES DE COLOMB

Par ce dédain on lui faisait sentir combien peu désormais importaient ses appréciations. Ce hautain silence lui disait clairement que les affaires de la colonie ne le regardaient plus. On le savait malade , à demi perclus, délaissé de tous; aussi dépourvu d'amis que d'argent. Son état de misère était si notoire qu'un Chargé d'Affaires italien, en parlait dans sa correspondance, et que pour lui prêter un brancard mortuaire, dans lequel il avait projeté de se faire porter, la goutte l'empêchant de monter ime mule, le Chapitre de Se ville le jugeant hors d'état de payer les réparations que pourrait nécessiter quelque accident de route, exigeait la caution du bon François Pinelo, trésorier de la ville.

Enfin, au printemps de 1505, son mal lui ayant accordé un instant de répit, Christophe Colomb partit pour Ségovie, où séjournait la cour. C'était le vice-roi DES Indes, qui s'y présentait; mais c'est seulement l'Amiral qui était reçu. Ferdinand, toujours froidement poli , lui disait de banales gracieusetés , l'entretenait de sa goutte, lui indiquait des remèdes et des médecins, et le laissait partir aussi peu avancé qu'à la précédente audience. Le monarque calculait le temps que pouvait encore avoir à vivre un vieillard épuisé par ses longs travaux, ses souffrances, ses dernières fatigues. Il fallait l'user en délais, en vaines espérances, ajourner toujours, renouveler ses déplaisirs, arrêter ses revenus, afin que, doublement accablé par

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