TENTATIVE DE FERDINAND
le mal et la misère , il renonçât enfin à ses titres et privilèges, moyennant quelque rente fixe. De temps à autre, il arrivait de l'Espagnole un navire chargé d'or ; mais on n'y trouvait rien pour lui ; et celui qui faisait de la Castille le plus riche pays du monde se voyait sans cesse à la veille de manquer de pain. Souvent il n'avait pas de quoi payer son lit de louage. On nous pardonnera de le répéter : quand, ses forces déclinant encore, son mal parut empirer, Ferdinand, jugeant le moment opportun, lui fit proposer de renoncer à ses titres illusoires, à ses revenus lointains, irréguliers, d'une rentrée difficile, en échange d'une rente fixe et d'un domaine en Castille, ce qui serait d'une jouissance immédiate et commode.
Le Serviteur de Dieu, qu'aucune proposition ne pouvait tenter, dès qu'on lui arrachait la possibilité de recouvrer le Saint Sépulcre, cette espérance de toute sa vie, repoussa avec indignation l'offre odieuse par laquelle Ferdinand comptait séduire sa détresse. Il écrivit à l'archevêque de Séville , don Diego de Deza, qui avait été autrefois son défenseur à la junte de Salamanque : « Il parait que Son Altesse ne juge pas à propos d'exécuter les promesses que j'ai reçues d'elle et de la reine (qui est maintenant dans le sein de la gloire) sur leur parole et leur sceau. Lutter contre sa volonté ce serait lutter contre le vent. J'ai fait tout ce que je devais faire. Je laisse le reste à Dieu, qui m'a toujours été propice dans tous mes besoins. »