MESURES PRISES PAR LE ROI
son gouvernement, le commandeur Ovando avait eu l'imprudence de contrarier Tévèque Ordonnateur, président du Suprême Conseil des Indes. Dès lors son remplacement fut résolu.
Le 9 août 1508, don Diego était autorisé à résider aux Indes.
Néanmoins la nature cauteleuse et défiante de Ferdinand l'obligeait de procéder toujours obliquement avec petitesse et mesquinerie, même quand il s'agissait à la fois d'assurer le bonheur de sa nièce, de récompenser un fidèle serviteur de sa maison, d'accomplir les intentions de l'admirable Isabelle, et de satisfaire à l'honneur de son seing royal. Il ne pouvait s'élever à la droiture, atteindre jusqu'à la franchise. Il lui fallait par des restrictions, des termes ambigus, laisser en réserve des objections inattendues et des moyens nouveaux d'éluder ses anciens engagements.
Il refusait à don Diego le titre de vice-roi , lui reconnaissait seulement celui d'amiral^ et lui accordait l'autorisation de résider aux Indes, et de s'occuper de leur administration, en vertu du pouvoir qu'il lui donnait présentement à cet effet, mais sans préjudicier à ses droits, et rien changer à la situation litigieuse. Ce ne fut qu'après deux mois de nouvelles tergiversations, que Ferdinand, le 29 octobre 1508, signa la
(1 ) Cédule datée de Arevalo, le 9 août 1508. — Coleccion diplomatica,