CONTRE LE GOUVERNEUR DES INDES
nomination de don Diego. Et encore Tacte qui lui conférait le gouvernement des Indes, n'était-il nullement d'après son texte la conséquence de ses droits, l'exécution des traités de la Castille avec son glorieux père, m:ais bien une pure faveur, un acte de gracieuse condescendance de la part du souverain. Le roi dit en propres termes, que son bon plaisir est que don Diego tienne de lui le gouvernement et la judicature des Indes, pour le temps que sa grâce et volonté royale jugeront à propos de les lui continuer.
Le 13 décembre , ordre est donné au Ministère des colonies de suivre de point en point, à l'égard du voyage de don Diego , ce qui s'était fait lors du départ du gouverneur provisoire qu'il va remplacer. On recommande aux bureaux d'en rechercher la mention dans les écritures de cette époque, et de s'y conformer strictement sans rien innover (1).
L'intention préméditée par Ferdinand de ravir au pauvre don Diego la vice-royauté des Indes était si profondément arrêtée dans son esprit, qu'elle le suivait en tout lieu. Peu de mois après la mort de Colomb, le roi, en répondant de Naples à don Diego, le 26 novembre 1506, avait bien soin de supprimer son titre de vice-roi des Indes, et de ne lui donner que celui d'Amiral (2).
(1} Cédule du 13 décembre 1508, Coleccion diplomatica ; clxvi. (2) Coleccion diplomatica , t. II, clxl.
Tandis que don Diego fait ses préparatifs de déplacement, quelqu'un Ta déjà précédé dans sa future résidence; c'est Miguel de Passamonte, créature de Fonseca et de Lopez de Conchillos. Bien recommandé au roi, par sa haine des Colomb, Passamonte devait résider à l'Espagnole , avec le titre de Trésorier général des Indes. A cet emploi aussi lucratif qu'envié, il en joignait un autre, source plus assurée de faveur et d'influence. Il se trouvait, par Tintermédiaire de Lopez de Conchillos, le correspondant occulte du vieux Catholique. Sa mission confidentielle consistait à rendre impossible l'administration de don Diego ; à lui susciter des obstacles continuels, des difficultés imprévues, des humiliations, àlabreuver de dégoûts; enfin, à le forcer, par de sourdes et incessantes tracasseries, à se démettre de ses fonctions.
Le délateur était arrivé à Saint-Domingue avant sa victime . Il avait eu le temps d'étudier le terrain , de combiner ses manœuvres ; et lorsque don Diego se dispose au départ, une lettre de l'espion royal à Lopez de Conchillos lui apprend quelles embûches il a déjà dressées. Ferdinand considère comme un grand service