‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 59 sur 250 · COLOMB CALOMNIÉ RÉTROSPECTIVEMENT · texte numérisé non relu

COLOMB CALOMNIÉ RÉTROSPECTIVEMENT

Incessamment les instructions écrites en chiffres répondaient aux lettres chiffrées du Trésorier général des Indes. Les accusations ouvertes et les accusations secrètes, qui servaient de complément aux premières, continuaient le système de tracasserie organisé contre le malheureux gouverneur. Les difficultés, les oppositions, et par suite les réprimandes devinrent telles, que don Diego demanda la permission de passer en Espagne pour se justifier. Il quitta Saint-Domingue le 15 avril 1515.

Durant ce temps, en vue de repousser la demande juridique de don Diego, qui excipait des traités de son père avec la Castille, et réclamait leur exécution, le ministère public, sous le nom de Fiscal du roi, ouvrit une nouvelle Enquête, dans laquelle furent appelés à déposer, tant en Espagne qu'aux Indes, tous ceux qu'on supposait ennemis des Colomb.

Le Fiscal opposait à don Diego que son père n'avait rendu à l'État aucun service éminent ; que sa prétendue Découverte n'en était pas une en réalité, puisque d autres l'avaient faite avant lui. Ces pays-là étaient anciennement connus. Au surplus son entreprise lui avait été suggérée par un étranger. Alors surtout fut répandue la fable du pilote mort dans sa maison, à Porto Santo, et par lui dépouillé de ses cartes, qui indiquaient la route à suivre (1).

(1) Cette misérable calomnie, bien digne du vieux Ferdinand et de ses suppôts, s'est accréditée pourtant jusqu'à simuler un caractère

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