‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 65 sur 250 · OBJECTIONS DU MINISTÈRE PUBLIC · texte numérisé non relu

OBJECTIONS DU MINISTÈRE PUBLIC

cardinal de la sainte Église romaine, l'original de ce Mémoire oublié ou peut-être confondu avec les papiers personnels du chancelier, suivit leur sort et arriva en Italie. Dans la suite des ans la famille du cardinal, en souvenir de son origine piémontaise, fit don d'une partie de ses archives à Sa Majesté sarde. Un savant paléographe, M. Vincenzo Promis, ayant découvert à la bibliothèque royale de Turin ce Mémoire, dans un recueil in-folio des papiers du célèbre Gattinara, reconnut son importance, et eut, en 1869, l'heureuse pensée d'en faire tirer quelques exemplaires.

A nos yeux, la valeur principale de ce document provient bien moins de l'homme qui le produisit que de celui qui s'y opposa. C'est don Diego qui écrit à Charles-Quint ; et c'est l'aïeul de ce dernier, le vieux Catholique, trépassé depuis huit ans, qui fait la réponse. Il l'avait dictée d'avance aux complices de sa haine : don Juan de Fonseca et Lopez de Conchillos , le secrétaire favori. Ce que les écrivains de cette époque n'étaient pas libres de dire, ce qu'aucune pièce historique n'avait fait connaître, ce Mémoire nous le révèle sans réticence. Nous y retrouvons tout entier l'esprit de Ferdinand. Son effrayante puissance de dissimulation apparaît rétrospectivement ici; et nous avons enfin l'explication de sa conduite, tant à l'égard de Christophe Colomb que de son fils Diego. Dans ses répliques, le Fiscal n'émet rien de son propre fond. C'est le vieux roi qui a préparé chaque objection, dressé chaque

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