‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 69 sur 250 · AUDACIEUSE VIOLATION DU DROIT · texte numérisé non relu

AUDACIEUSE VIOLATION DU DROIT

Tempereur une nouvelle flétrissure. L'omission de ce titre, première consigne donnée par Ferdinand aux bureaux, et qu'ils observèrent rigoureusement, fait remonter à vingt-deux ans sa criminelle préméditation. Elle a vieilli avec lui. Ce calcul odieux a persévéré dans son esprit, nonobstant les Découvertes successives de Christophe Colomb, les périls affrontés, les souffrances subies ; ses prodigieux travaux et Tinfinie fécondité de leurs résultats. Rien n'a pu désarmer son envie, fléchir le crime conçu dans son cœur.

Toutefois, de peur que sa réplique ne parût pas décisive , le Fiscal déclare avec une assurance voisine de l'effronterie, qu'alors même que ce titre existerait réellement, que la Vice-royauté serait effective, et qu'on reconnaîtrait aux traités invoqués la force d'un contrat, dès Tinstant où il peut paraître préjudiciable à la Couronne qu'il y ait aux Indes un Vice-roi perpétuel (1), le monarque est libre de briser le contrat : la raison d'État donnant toujours le droit de s'en dégager. — Avouons-le : pareille doctrine ne tourne pas au profit de la grandeur royale. D'après de tels principes, il serait plus sûr de traiter avec un muletier qu'avec un monarque.

(i) « Por que de derecho, quando quiera quel privillegio aiin que fuese heclio en fuerca de conlrabdo, comienca a ser nocibo a la corona real destos reynos e a los reyese e subçessores dellos que sea visorey perpectuo en las Indias y sus subçessores para sienipre, no ay ninguno de

sano seso que lo puede ignorar » — Vincenzo Promis, Memoriale

di Diego Colombo, p. 34.

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