‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 70 sur 250 · ARGUTIES ET SUBTERFUGES · texte numérisé non relu

ARGUTIES ET SUBTERFUGES

Ce n'est pas tout.

Le Fiscal soutient que, malgré la lettre des conventions, don Diego n'est point saisi des droits de son père à la vice-royauté et au gouvernement des Indes, parce que celui-ci, au moment de sa mort, déjà n'était plus en fonction. Ainsi, de même qu'on s'était fait un droit de l'inexécution des traités, on se fait im droit encore plus fort de la violence commise.

Au surplus, dit le Fiscal, les engagements de la Oastille à l'égard de Colomb sont radicalement nuls et frappés d'une impuissance originelle. En ce qui concerne la perpétuité de la vice-royauté ou du gouvernement, les rois ont excédé leur pouvoir. Il ne leur était point licite de faire une pareille concession; parce que, d'après la loi promulguée à Tolède en 1 '*80, aucun emploi d'administration ne peut s'accorder à perpétuité. La grâce faite à Christophe Colomb n'est pas transmissible à ses héritiers.

Le Fiscal ajoute que la prétention de don Diego est une énorme et énormissinie lésion des royaumes de Castille et de Léon auxquels sont incorporées les Indes. La récompense exigée est trop grande.

Don Diego réplique : On ne peut soutenir que la récompense étant si grande. Leurs Altesses ne pouvaient la vouloir et ne Tout pas voulue ; car pour grande qu'elle soit, elle ne peut se comparer à l'immensité du service rendu, en leur procurant les Indes dont personne n'avait cœmaissance.

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