MISÉRABLES ARGUTIES DU FISCAL
Abrégeons : *
Après avoir d'abord réclamé le plein exercice de ^es droits d'Amiral et de vick-roi, don Diego demande qu'au moins, pour la bonne administration, il puisse nommer des officiers ministériels quand il en sera besoin, et pourvoir à la vacance des emplois, sans laisser les affaires en suspens et attendre que la nomination arrive de CastiUe. Le Fiscal repousse cette prétention qu'il trouve un empiétement sur la prérogative du souverain. Ainsi le vice-roi héréditaire des Indes avait dans son gouvernement moins d'autorité qu'un de nos ancêtres, le comte Antonio Roselli, à qui l'Empereur Sigismond, chef du Saint-Empire romain, avait conféré le pouvoir de créer des chevaliers, d'instituer des notaires, de légitimer les enfants naturels, et d'émanciper les mineurs quand il le jugerait nécessaire (1).
Les allégations du Fiscal de Charles-Quint auraient pu être signées par celui de son père, Philippe le Beau, comme elles l'avaient été par celui de son aïeul Ferdinand. Dans ces divers points de chicane, il n'y avait échanger que la date; le fond était le même, le mobile aussi. Le désir d'annuler les traités de la Castille avec Colomb restait également vif dans les trois degrés
(1) GuiDO Pancirolo, De Claris legum interpretibus, lib. III, p. 461. — CoMNÈNE Papadopoli, HistoHa gymnasii patavini. — P. Gojîzati, la Basilica di S. Antonio. — Michaud, Biographie universelle, t. XXXIX, f» 24. — BoREL d'Halterive, le Monarque de la sagesse, son . tombeau et sa famille, f 12. —Nobiliaire universel de France, t. IX.