‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 83 sur 250 · AU CERCUEIL DU GRAND AMIRAL · texte numérisé non relu

AU CERCUEIL DU GRAND AMIRAL

Certes, à rhomme qui avait donné tout un Monde, FEmpèreur ne pouvait, en retour, concéder un mètre de terrain avec plus de solennité graphique. Ce fut là d'ailleurs son unique munificence , et le total de sa gratitude envers le Révélateur du Globe.

La cédule signée du monarque, scellée du sceau impérial, et contresignée du secrétaire Juan de Sàmaîlo, datée de Valladolid, le 2 juin 1537, fut expédiée à rÉvêque de Saint-Domingue. Le cercueil de Christophe Colomb, déposé depuis vingt-trois ans dans la chapelle du Christ, à la Chartreuse des Grottes, fut ensuite embarqué et transporté à sa destination. Mais ni rÉvèque de Saint-Domingue, ni le doyen du chapitre ne s'empressèrent d'obéir à un ordre qui leur semblait rabaisser la dignité ecclésiastique, et porter atteinte aux privilèges épiscopaux. Si l'Empereur et roi réservait à ses armes le fronton au-dessus du maître autel, le Prélat réservait à sa sépulture et à celle de ses successeurs la partie souterraine du sanctuaire, et n'entendait pas y admettre un laïque, un étranger surtout. Il aurait cru, peut-être, par ce voisinage, profaner la tombe du vénérable Alexandre Geraldini, premier évèque effectif des Antilles, qui dormait là, dans la paix du Seigneur.

Le cercueil de Colomb fut donc hautainement repoussé de l'Église! Dans ces affligeantes conjonctures les Franciscains donnèrent un abri aux restes du Héros, ainsi qu'ils avaient autrefois donné asile à sa personne.

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