‹ Histoire posthume de Christophe ColombChapitre 94 sur 250 · LA VRAIE CROIX DE LA CONCEPTION · texte numérisé non relu

LA VRAIE CROIX DE LA CONCEPTION

moyen de pierres aiguisées qu'ils tâchaient d'y enfoncer en forme de coins. Découragés par l'inutilité de leurs eflforts divers, ils renoncèrent à ce projet, et finirent même par s'agenouiller avec un respect mêlé de frayeur devant le signe que vénéraient leurs maîtres.

La célébrité de cette Croix était si grande qu'on ne l'appelait jamais que la Très Sainte Croix, ou la Vraie Croix de la Conception , et qu'aux Antilles et dans le Nouveau Continent, son nom fut donné à deux villes. Le concours des fidèles allait grandissant. La vénération pour cette Croix miraculeuse s'étendit jusqu'au terrain même où elle s'élevait. Il ne fut plus nommé que la Sainte Colline y Santo Cerro.

On l'appelle encore ainsi aujourd'hui.

Cependant la ferveur des chrétiens les amenait souvent à de pieux larcins. Pendant plusieurs années, on continua d'enlever des fragments de ce bois vénéré , sans qu'il diminuât. On en mettait des parcelles dans des reliquaires. La Sainte Colline était devenue un but de pèlerinage. Cependant, un jour, sans doute à la suite de quelque horrible profanation, ce miracle cessa tout à coup. Le bois enlevé ne se renouvela plus désormais. Néanmoins, -comme l'affluence des pèlerins était toujours la même , et qu'ils continuaient de soustraire des fragments de la Croix , l'évêque de la Conception , pour arrêter ces pieuses mutilations qui la menaçaient d'une disparition prochaine , vint processionnellement

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