‹ Histoire primitive des Euskariens-Basques; langue, poésie, mœurs et caractère de ce peuple; (volume 2)Chapitre 10 sur 26 · CHANT NAVARRAIS · texte numérisé non relu

CHANT NAVARRAIS

« Un cri a été entendu sur la montagne euskarienne. Le chef de maison » debout sur sa porte , a prêté Toreille ; il a dit : « Qui va là? Que me veut-on? » Et le chien qui dormait aux pieds de son maître s'est levé en sursaut. Il a fisdt retentir de ses aboiements les environs d'Âltobizkar.

« Un bruit confus s'élève au col dlbagnéta; il roule , il approche , frappant à gauche et à droite la cavité des rochers; c'est le murmure , c'est le grondement encore lointain d'une armée qui s'avance. Les nôtres répondent du haut des montagnes; ils font entendre leurs cornets à bouquin. Le chef aiguise ses javelots.

« Us viennent I ils viennent! Quelle haie de lances! Que de bannières multicolores flottent parmi les armes étincelantes ! Combien sont-ils? Compte-les bien , enfimt ! —J'en vois un» deux, trois, quatre, cinq, dix, douze, quinze, vingt, trente, cent, et des milliers encore. Ce serait temps perdu de les compter. . .

« Unissons nos bras forts, déracinons ces rochers, lançons-les sur le penchant de la montagne : qu'ils roulent sur leurs tètes. Ecrasons, tuons l'ennemi par milliers. Que voulaient-ils de nos montagnes ces hommes du nord, à la longue jaquette, aux blondes chevelures? Pourquoi sont-ils venus troubler notre paix?

« Les montagnes sont des barrières naturelles élevées par Dieu , le seigneur d'en haut , afin que les hommes ne les franchissent point. Mais les rochers volent en tourbillonnant; ils écrasent les guerriers. Les armures sautent

-« 58 -^ en éclats , les chairs palpitent en lambeaux » tes os sont brisés , le sang Mule par torrents. . * >

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